30 octobre 2021

ENCORE UNE HISTOIRE DE SAPE...

 (by Fal-bla-bla)

... et de procrastination.

Des semaines, que dis-je ?, des mois que je me dis qu'il faudra bien reprendre cette histoire de blog un jour. Mais j'étais occupée à autre chose, voyez-vous, et c'est sans regret que j'ai laissé choir, éhontément donc, mes devoirs blogosphériques. Non pas que je n'aie songé à alimenter cette friche qui me tient lieu de blog tous les jours (et je n'exagère pas), mais je ne fus pas non plus accablée par la honte. Au mieux, par un FOMO majeur (expression qui dénote d'un certain déficit de fraîcheur dans le game). Peur d'être passée à côté de telle ou telle tendance que j'avais pourtant bien reniflée ou de tel phénomène en vogue qu'il fallait absolument décortiquer. Une greluche ne se refait pas.

Aussi, en ce soir pluvieux (et on sait tous à quel point j'aime la pluie et l'état d'exaltation dans lequel elle me plonge, haha), j'ai décidé de ne plus faire de ce blog une corvée et d'y poster tout ce qui me passe par la tête (enfin presque, correction oblige), par les yeux ou les oreilles.  

Tenez (vous remarquez que je passe du "vous" au "tu" d'article en article et sans la moindre cohérence ?), une descente sur Youtube m'a permis de dénicher un joyau sur la chaîne de l'INA (que je vous conseille vivement, au passage): "1984: Les rois de la sape !" On était pour la plupart à peine nés; eux étaient beaux, passionnés et surtout sacrément élégants. Un court documentaire touchant et hilarant, plein de chiffons qui "se froissent avec noblesse et se tremblent avec élégance", de personnages truculents et attachants et de petites phrases dont on ne se lasse pas (vous pensez bien que je l'ai regardé au moins trois fois d'affilée et que je le connais presque par coeur; certes, j'ai arrêté d'écrire mais certaines choses n'ont pas changé...)

Cet article est aussi et surtout une référence à "Un sapeur sachant se saper", dédié il y a six ans déjà (six ans !)  à cette culture qui m'a toujours fascinée et que je vous invite à (re)lire. Une référence à une époque où je bloggais au petit bonheur la chance, au gré de mes passions...

27 décembre 2020

LE HAIR SHAMING DANS LA COMMUNAUTÉ NOIRE (ET AU-DELÀ).


Hair shaming

nom masculin invariable 

  • anglicisme et néologisme, (né un jeudi soir de décembre dans l’esprit hyperactif d’une greluche qui ne supportait vraiment plus qu’on questionne ses choix capillaires), composé du mot « hair » (si tu n’as pas validé ton niveau A2 en anglais, ouvre donc un dictionnaire) et du mot « shaming » (gérondif de « shame », humilier), sur le modèle de concepts plus populaires et, de ce fait, galvaudés, tels que le « body shaming », le « mom shaming » ou encore le « slut shaming ».

Voilà pour les considérations d'ordre étymologique. Mais sinon, Falblabla, c’est quoi le hair shaming ?




« Les cheveux, c’est votre problème. »



Le cheveu noir. 


Rien de banal. Tout d’exceptionnel. 


Il suscite polémique et controverses au sein de la communauté et même au-delà. 

Tenez, une femme blanche m’a un jour appris que les cheveux, c’était notre problème (comme s’il n’y en avait pas d’autres plus brûlants, plus pressants). Une phrase facile (comme on m’en sort, hélas, souvent dans le milieu dans lequel je baigne), égrenée doctement et sans vraiment tenir compte des faits, ni de l’énormité qui venait d’être débitée. 


Les faits, donc: plus fragile (puisque implantée près de la surface du cuir chevelu), moins résistante (40% de moins que son antithèse capillaire, le cheveu asiatique) et 15% moins extensible que ce dernier, cette fine spirale peu pourvue en sébum a en plus le toupet (c'est drôle, je sais) de rétrécir au contact de l’humidité, ce qui réduit considérablement, et seulement en apparence, sa longueur.


C’est donc notre problème. 


Et si c’est une femme blanche qui me l’a appris, c’est en partie parce que nous, en tant que communauté, en faisons des tonnes, en avons fait notre problème et y avons cristallisé tous les tourments auxquels la couleur de notre derme nous expose au lieu de célébrer la richesse que ce même derme implique. 

Tenez, par exemple, le fait que les rides ou les cheveux gras, pour ne citer qu'eux, ne soient pas notre problème (et c'est justement parce qu'elle était bien consciente de ces réalités que ces mots malheureux ont franchi le seuil de ses... lèvres).


Trêve de digressions perfides.





« Black is beautiful. »


Avoir le cheveu crépu, c’est arborer la fibre capillaire certes la plus fragile mais aussi la plus complexe, la plus fascinante et la plus paradoxale qui soit; c’est porter en guise de couronne un marqueur racial (et, de facto, culturel) fort, une identité singulière, attachée au seul peuple africain et à ses diasporas. Il complète les reflets dorés de notre derme fier et en réaffirme la particularité (le mot clé étant « compléter »).


Avoir le cheveu crépu c’est aussi un emploi à temps plein (sous la supervision d'un patron particulièrement caractériel), voire un sacerdoce, nécessitant un dévouement sans faille. Sinon il casse. Il boude. Il se paie même le luxe de faire la grève (je rappelle que c’est lui le patron, mais aussi qu’il est paradoxal). Setback. Il faut tout recommencer. D’où l’urgence de le protéger grâce à des coiffures dites protectrices (braid outs ou twist outs, tresses, extensions ou même perruques...).


Avoir le cheveu crépu, c’est enfin, et surtout, disposer d’une texture malléable, qui se travestit, se mue au gré des caprices de celui qui le porte (ou plutôt qu’il porte) et change de forme et de longueur au gré de ses envies. 


     
à gauche: coiffure traditionnelle Mutudzi (Rwanda) et à droite: coiffure Wolof (Sénégal)


« Black is beautiful ». La formule n’est pas galvaudée; nos ancêtres ne le savaient que trop. Dignes héritiers de l’Égypte antique (dont l'art capillaire fut glorieux) et conscients des contraintes imposées par la nature de leur cheveu, ils l’ont sculpté et en ont fait le messager de leur identité (leur âge, leur rang social ou leur ethnie) mais aussi de leur préférence (et le mot n’est pas anodin), l'étirant à leur guise et y ajoutant divers objets décoratifs, extensions et accessoires en tous genres.


Et puis ça:



Entre ce cliché et l’image de nos bienheureux aïeux libres du joug occidental, qui modifia irrémédiablement leur perception d’eux mêmes, il y eut l’esclavage puis la colonisation, la ségrégation (et pas seulement sur le continent américain), qui forcèrent fatalement l’Afrique et sa diaspora à se percevoir exclusivement par le truchement du regard de l’occident. Il y eut des cheveux camouflés (car le saviez-vous, les femmes blanches dans les colonies d’Amérique ne supportaient pas la vue de ce cheveu luxuriant qui fascinait tant les hommes; cf. "Lois Tignon" ), puis malmenés et lissés de façon permanente. 


Or, l’invention de l’afro découle ab initio paradoxalement de cette perception biaisée que nous avons, depuis, de nous-mêmes. L’afro était un des vecteurs de la révolution et de l’émancipation, le contrepied de l’hégémonie occidentale; il était là pour déranger et menacer un ordre établi. 


En dépit du bon sens cher à nos ancêtres (car, rappelez-vous, la délicatesse du cheveu crépu proscrit qu’il soit ainsi malmené), l’afro, hérésie capillaire s’il en est, s’est imposé dès le milieu des années 60 comme alternative à l'acte de "dégradation (littérale) de soi" que constituait le lissage chimique des cheveux pour Malcom X (et il s’invite depuis sur nos chefs dès qu’il est question d’affirmer notre identité et notre puissance).





« Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt. »


"Ce fut mon premier grand pas vers la dégradation de soi: le jour où je me suis infligé cette douleur atroce, brûlant littéralement mon cuir chevelu pour que mes cheveux ressemblent à ceux d'un homme blanc." *


Les propos de Malcom X sont lourds de sens mais cela n'empêche, ils ont été dévoyés et sortis de leur contexte: il y dénonce certes l'hégémonie de l'esthétique occidentale mais regrette surtout qu'elle conduise à une transformation radicale de nos caractéristiques intrinsèques et à une atteinte consentie de notre intégrité physique. 

(il en va de même pour l'éclaircissement de la peau, une pratique dont nous pourrions parler pendant des heures et qui m'irrite au plus haut point.)


Par ce dévoiement délibéré, le raccourci qu'il implique et le manque cruel de nuance dont il résulte, la perception que le Noir avait de lui-même s’opérerait, une fois de plus, exclusivement par le truchement du regard occidental, qu’il fallait cette fois non pas séduire mais choquer. 



Angela Davis fut elle-même exaspérée par cette aporie, déçue qu’elle était de voir son combat réduit à une simple coiffure, dont j’ajouterais que l’authenticité et la pertinence posent question.


Et après tout, Malcom X, dont je vous conseille vivement l'autobiographie (il vaut mieux la lire, dans le texte qui plus est, qu'en rêver), n'aura jamais été aperçu déambulant les cheveux en l'air et les Jeux Olympiques de la Négritude auxquels nous nous livrons de nos jours, et qui nous dressent (nous et nos cheveux) les uns contre les autres, le feraient doucement rire...



C’est donc bien cela: nous, en tant que communauté riche et variée, à l'image de notre chevelure, avons fait de nos cheveux notre problème et notre combat (encore une fois, comme s’il n’y en avait pas d’autres plus brûlants, plus pressants). 





« Je préfère quand vous avez les cheveux frisés. »


Par ces mots une femme blanche venait de perpétrer un nouvel acte de paternalisme infâme 


D’abord, mes cheveux ne sont pas frisés mais crépus. 

« Frisés »... comme un euphémisme-sparadrap posé sur l’innommable qu’on prétend pourtant glorifier.

(roulement d'yeux intense et tchip interminable)


Ensuite, elle venait de réglementer mon apparence en tentant (car j’ai la tête dure et, sans mauvais jeu de mots, elle a fait chou blanc) de m’indiquer à quoi j'étais censée ressembler, en 2018, aux yeux du grand monde blanc, ignorant ainsi totalement, au passage, que ses préférences m’importaient peu et que seules les miennes prévalaient. 


Ses préférences à elle, parlons-en. 



Car le lissage et la transformation du cheveu ne sont pas l’apanage des femmes d’ascendance africaine. Ils ne constituent qu’un élément de la large palette dont elles disposent et qui a été évoquée plus haut. Mais ils sont également pratiqués par toutes les femmes, quelle que soit la texture de leurs cheveux. 


Les femmes blanches domptent leur chevelure bouclée et se font passer pour des blondes (quintessence de la beauté, à ce qu’il paraît) en toute impunité. Loin de moi, toutefois, l’idée saugrenue de leur signaler que je goûte peu la prolifération de mèches, plus jaunes que blondes d'ailleurs, dans leur tignassse... Les asiatiques, quant à elles, bouclent leur raideur et les maghrébines lissent leurs courbes. 


Mais la femme noire doit, elle, se garder de toute fantaisie capillaire car son problème, rappelons-le, ce sont les cheveux, clé de voûte de son identité culturelle et laisser-passer synecdotique lui permettant d’infirmer toute velléité de reniement de soi. La femme noire est son cheveu et si ce dernier se transforme c’est alors qu’elle renie son identité. Il n’y a qu’à elle qu’un tel paradigme réducteur est appliqué et que d’elle qu’une telle orthodoxie capillaire est exigée. 


Les autres vous le disent, même dans les pubs: 

« je fais ce que je veux avec mes cheveux. » 


Pas la femme noire. 


Et figurez-vous que ça ne dérange personne...





« Moi, je les appelle les guenons. »


Porter son cheveu en étendard, en faire l’emblème d’une lutte dont le seul champ de bataille actif est un entrelacs de fibres capillaires, permettant ainsi opportunément d’omettre tous les sujets brûlants, les sujets pressants. 


Moi, ça me dérange.


Se tirer dans les pattes aussi. Le cheveu, censé conjurer la haine de soi, serait donc devenu le moyen de cultiver la haine entre soi. Des factions se forment, les clivages s’accentuent; le juste-milieu est alors proscrit: « nappy » contre « défrisées », « naturelles » contre « tissées » ou « perruquées », comme si le même derme n'était pas partagé et avec pour toile de fond une politique de la respectabilité qui, à mon sens, a très franchement des relents d’asservissement (et qui s'applique aussi, entre autres, à nos goûts musicaux, au passage) 

L’asservissement au regard occidental. 

Parce que nos cheveux seraient notre problème, il faudrait à tout prix s’échiner (ou mieux, s’écheveler) à prouver qu’il est comme les autres, reniant par là même ce qui en fait sa spécificité et sa majesté: la polyvalence et le paradoxe. 


« Toutes en chignon et en afro puff nous allons leur montrer que nos cheveux sont aussi beaux que les leurs ! »


Mais qui faut-il vraiment convaincre ? Et à quel prix ?


Ces hommes africains (et de la diaspora) qui justifient leur mépris de la femme noire par ses choix capillaires, entre autres arguments fallacieux, ou cette collègue africaine qui m’a un jour appris qu’elle surnommait les femmes aux cheveux lisses ou ornés de box braids (tresses longues avec extensions), « guenons », devant un public blanc médusé ? 



Exemple édifiant de hair shaming, n’est-ce pas? De la haine de soi à la haine entre soi, vous disais-je, il n’y a qu’un pas; dans un sens comme dans l'autre.


Pour ma part, je me méfie des cris de ralliement grégaire et des dérives qu’ils induisent, des postures radicales et sans nuances et surtout des injonctions émanant d’autorités douteuses, qu’elles viennent de ma communauté et encore plus d’ailleurs. 


Et je vous le dis et le répète: « je fais ce que je veux avec mes cheveux. » 

(Sauf le défrisage, hein, et pas que pour des questions de santé. Nous en reparlerons plus tard, si vous voulez bien.)



* "This was my first really big step toward self-degradation: when I endured all of that painliterally burning my flesh to have it look like a white man's hair." - The Autobiography of Malcom X as Told to Alex Haley.


01 août 2020

D.I.Y. (XII): BONNET EN SATIN ET WAX


Si vous avez le temps entre deux visionnages de « Black is King », jetez donc un œil à ce nouveau tutoriel intitulé « Bonnet en satin et wax. » 



En effet, porter un bonnet en satin vous permet de préserver l'hydratation de vos cheveux et nous savons toutes que c'est primordial pour les cheveux crépus qui sont peu pourvus en sébum. Or, les tissu en coton dont sont faits nos taies d'oreiller privent la fibre capillaire de son hydratation et provoquent une friction qui peut à terme causer de la casse. 


Youtubeuse beauté, bonjour ! 


Les bonnets en satin fleurissent donc depuis quelques années sur les chaînes de nos youtubeuses préférées. Ceux de Jackie Aina, pour n'en citer qu'une, sont magnifiques. Mais voilà, où les trouver ? 


Alors, comme d'habitude, on ne panique pas et on dégaine sa machine. C'est tellement facile en plus et vous aurez la garantie d'avoir un bonnet sur mesure aussi bien en taille que pour ce qui est du choix du tissu.


Comme d'habitude, j'espère que ce tutoriel vous plaira et vous sera utile. J'ai testé un nouveau placement de caméra. Dites-moi en commentaires si vous avez réussi à le faire et taguez-moi sur les réseaux aussi. Ca me fera plaisir.


11 août 2019

TUESDAY TUNE (VI): MA PLAYLIST A MOI - ETE 2019, FEMINISME DIVERGENT...


Cet été, plus que jamais, ma playlist est pleine à craquer, emplie de sons rythmés voire même,  enragés. Aussi, je vous épargnerai "Old Town Road", souhaitant également m'épargner. Cet article est un mashup de mes dernières obsessions musicales avec "Féminisme divergent", un article censé voir le jour à l'orée du printemps. C'était inespéré; c'est désormais chose faite, sous une forme différente et inattendue. J'en tirerais bien quelques conclusions philosophiques, mais voilà, le temps me manque... Et de la musique de grande qualité nous attend...

"Girl blunt" by Leikeli47

Leikeli47 est le paradoxe incarné: aussi paradoxal que de visiter, à quelques minutes de son propre anniversaire, le blog d'une personne dont on snobera les voeux de bon anniversaire le lendemain.
Un truc inclassable, un truc dingue, qui rafle, sans contredit,  la première place.



Une musique girly, avec pour décor des ambiances salon de beauté ou de patinoire où planent des effluves sucrées suffocantes et abordant des thèmes ultra féminins servis par une chanteuse parfaitement manucurée... et masquée.
Oui, masquée.

Un truc inclassable et dingue.

Cette musique, découverte il y a deux ans, au détour d'un podcast, m'a semblé évidente dès les premières notes.

Le cahier des charges était rempli: féminin, mais hors-normes, percutant, insolent, et nasillard de préférence.

D'où cette idée, ironique, de "féminisme divergent" qui constitue le fil rouge de ma playlist... et de mon été.

En plus, écouter "Girl Blunt", avec la gestuelle adéquate, me fait sourire, bien que la chanson aborde un thème bien différent de celui que je lui prête...

Air blunt pour fille sage. Toute une histoire.


"Pookie" by Aya Nakamura



Belle façon de résumer ces mois musicaux. Ce son est hautement addictif et ce qu'il représente est parfaitement jubilatoire: une musique et des paroles qui assument leurs origines, une façon d'être au monde sans édulcorant, ni besoin désespéré de se conformer à une norme questionnable.

Aya ne chante pas des comptines faussement provocatrices en braillant un féminisme caricatural.
Aya ne balance pas je ne sais quoi, Aya ne s'évertue pas à tout oublier et elle ne joue certainement pas les anges encanaillés non plus. Je me comprends.
C'est franc, c'est frais, on aime ou pas.
Inutile, au passage,  d'insulter sa propre intelligence en feignant de ne rien y comprendre.
Inutile aussi d'évoquer une vulgarité fantasmée quand, en réalité, une certaine féminité, ou une féminité certaine, dérange...

Ici, Aya dresse sans détour le portrait d'un(e) pookie. On en connaît tous: prompt(e) à s'adonner aux commérages et profondément sournois(e), ce personnage central de toute intrigue qui tourne mal, seumologue devant l'éternel "fait du sale", dans le dos, de préférence, et Aya se propose de lui tailler un costume, en usant de moult prouesses verbales, trempées dans un argot des plus savoureux (celui que certains feignent de ne pas comprendre...)

Comprenne qui voudra.




"Truth Hurts" by Lizzo

"I just took a DNA test. Turns out I'm a 100% that bitch. Even when I'm crying crazy. I got boy problems, that's the human in me. Bling bling and I solve the problem, that's the Goddess in me."

Voilà comment résumer Lizzo de façon concise. Divergente, hors normes et atypique: Lizzo, dont la carrière mainstream démarre à peine, à 31 ans, écrit elle-même ses textes mordants, elle fait de ses formes une force et joue de la flûte traversière en scandant son hip hop chanté et hystérique.

Comment ne pas succomber?





"iWalk Ye Phara" by DJ Maphorisa

Mes penchants afrophiles enflammés me poussent à explorer des univers musicaux plus familiers.

D'où le gqom.

Le gqom est un genre d'éléctro proche de la house venu d'Afrique du Sud et reprenant des sonorités traditionnelles africaines (gqom étant une onomatopée se référant au battement du tam-tam).
On est vite hypnotisé par ces rythmes à la fois minimalistes et hyperactifs.



"iWalk Ye Phara" est un featuring avec  notamment la chanteuse sud-africaine Moonchild Sanelly, dont le look vaut, en soi, le détour.
Le flow, n'en parlons pas!



"Act Up" by City Girls



Si vous n'avez jamais entendu parler des City Girls, il est temps vous inquiéter.

En août 2017, JT et Yung Miami (inutile de préciser leur ville d'origine... pratique...) fondent le groupe City Girls et obtiennent d'emblée  gloire et consécration via, notamment, les réseaux sociaux.

En juin 2018, à peine le temps de savourer ce triomphe, JT est incarcérée (pour fraude à la carte bancaire et usurpation d'identité). Comble de l'ironie, le jour même "In my feelings", sort. Prolepse involontaire; Drake se lamente: "JT, do you love me, are you riding? Say you'll never ever leave from beside me."

L'engouement du public ne fait alors que décupler.

JT et Yung Miami représentent le "féminisme divergent" dont il est ici question et qui s'est très certainement forgé une réputation pas très loin d'une barre de pole dance, dans un club peu recommendable et a été popularisé bien avant les City Girls par Lil Kim, Trina, Nicky Minaj et plus récement, Cardi B, à qui un article avait été consacré ici ("Le cas Cardi B"). Dans la même veine, Megan Thee Stallion aka "Hot Girl Meg" squatte aussi la playlist et son "Hot Girl Summer" est officiellement devenu un cliché estival... et verbal.

Les City Girls incarnent, en somme... une féminité à la fois exacerbée et virile. Pas mieux.
P e r i o d .



"Toast" by Koffee



J'ai découvert Koffee via M.I.A.
La boucle est bouclée.
C'est d'ailleurs ce dont il est question.
De gratitude: "Je remercie le Seigneur pour le chemin parcouru, pour ce que j'y ai gagné et pour les petits plus aussi. La gratitude est un must." Un hymne riddim positif à souhait servi par la plus mignonne des ratsafaris.

Le clip nous embarque, par ailleurs, dans les rues de sa ville natale: Spanish Town, en Jamaïque.


"The Gift" by Beyoncé

Comment parler de musique ici, sans évoquer Beyoncé..?
La bande originale du "Roi Lion", "The Gift", évoquée dans cet article, a été, ces dernières semaines, une mine de tubes: en témoigne l'enthousiasme qu'elle a suscité sur les réseaux sociaux.

Je ne sais pas vous, mais mes timelines sont littéralement colonisées par des vidéos mettant en image et en chorégraphie les diverses chansons qui composent l'album.
Un opus afrocentrique réunissant autour de Beyoncé les grands noms de la musique africaine et de la diaspora: Tiwa Savage, Wizkid, Saint Jhn, Yemi Alade, Burna Boy, Pharrell Williams, Oumou Sanagré, Childish Gambino, Kendrick Lamar, Major Lazer et même Blue Ivy.

Deux tubes ont retenu mon attention:

"Don't jealous me" (Sois pas jaloux), dont le son afrobeat est irrésistible (on esquisserait bien quelque spas de Gwara gwara) et le propos simple:
"Sheep don't run with lion. Snake don't swing with monkey. I can't talk for too long. Got too much gold to try on." (Les moutons ne courent pas avec les lions. Les serpents ne se balancent pas avec les singes. J'ai pa le temps d'en causer: j'ai bien trop d'or à essayer).





Enfin, "Brown Skin Girl", une ode à la beauté singulière de la femme noire.
On imagine des petites filles noires, nourries à cette ode puissante, et les limites qu'elles refuseront de se laisser fixer à l'avenir...
On imagine la puissance qui naîtra de cette génération, nourrie à l'affirmation de soi,  qu'aucun doute n'aura jamais étreinte.

On exulte.

Quand la divergence défie les normes imposées...






Et un bel été!


07 août 2019

BOGOLAN, AU PREMIER RANG!



A l’heure où l’authenticité du wax est remise en question, le bogolan ou « Bògòlanfini » regagne ses lettres de noblesse.
Ce tissu, emblématique de la culture Mandingue (le Mali et sa sous-région) et dont le nom signifie en bambara « tissu (fini) avec (lan) de la terre / boue (bogo) » , est une toile en coton plutôt épaisse trempée dans un liquide à base de feuilles de bouleau d’Afrique et peinte avec de la boue fermentée, d’où son nom en anglais : « mudcloth ».

Blanc, marron, rouge ocre, noir ou même kaki, le bogolan est aujourd’hui beaucoup utilisé en décoration.




 Sources: YourambaAliexpress

Il s’agit pourtant d’un tissu sacré, dont les dessins varient selon la communauté qui le porte ou le message qu’il est censé transmettre (faits historiques, totems etc...).

Il était également utilisé par les chasseurs, équivalent africain de l’imprimé camouflage (ce serait d’ailleurs la véritable origine du tissu).

Enfin, son origine naturelle est censée convoquer des bienfaits et célébrer l’attachement du peuple qui le porte à la terre dont il est issu et à son pouvoir mystique.

Aujourd'hui, il semble peu à peu faire son entrée dans le milieu fermé de la mode mainstream, pour l'instant cantonné au rang d'accessoire, avec toutefois de belles perspectives...


Sources: Society6 

27 juillet 2019

D.I.Y. (XI): ANKARA LAPTOP CASE / SLEEVE

(by Fal-bla-bla)


I’ve been looking for a laptop sleeve for a couple of weeks now, so I scanned the whoooole wiiiide web and couldn’t find one that suited me: the ones available on the websites I visited were not appealing enough, too bulky, plain or on the opposite garish. 

Long story short, my quest was an epic fail.



So, per usual, I decided to make my own and happened to film the whole process for you guys!



I hope you will like this tutorial! 

Here is another tutorial recorded in English:




23 juillet 2019

D.I.Y. (XI): HOUSSE / POCHETTE POUR ORDINATEUR EN WAX



J'ai parcouru pléthore de sites à la recherche d'une housse de portable. Trop laide, trop épaisse, motif fade ou au contraire trop chargé, couleurs trop pâles... Bref, je n'ai rien trouvé. Alors, comme souvent, j'ai décidé de la confectionner moi-même. Et en prime, j'ai tout filmé! J'ai essayé de faire court tout en détaillant toutes les étapes et j'ai aussi veillé à soigner les prises de vue. J'espère que ce tutoriel vous plaira! N'hésitez pas à consulter l'onglet "TUTOS & CO" pour découvrir davantage de tutoriels. En voici deux: