25 décembre 2019

SEVEN HEAVEN



Sept ans.

L'âge de raison.

A sept ans, on devient insolent, askip.

On s'oppose, on teste les limites et on affirme sa personnalité. 

A sept ans, on élargit ses horizons, on gagne en indépendance et on développe un goût particulier pour la défiance.

La greluche n'échappe pas à ces constatations. 

Petite greluche est devenue grande et ses articles se déclinent désormais officiellement au singulier.

Pluie de fanfreluches!

Falblabla est au septième ciel!



07 août 2019

BOGOLAN, AU PREMIER RANG!



A l’heure où l’authenticité du wax est remise en question, le bogolan ou « Bògòlanfini » regagne ses lettres de noblesse.
Ce tissu, emblématique de la culture Mandingue (le Mali et sa sous-région) et dont le nom signifie en bambara « tissu (fini) avec (lan) de la terre / boue (bogo) » , est une toile en coton plutôt épaisse trempée dans un liquide à base de feuilles de bouleau d’Afrique et peinte avec de la boue fermentée, d’où son nom en anglais : « mudcloth ».

Blanc, marron, rouge ocre, noir ou même kaki, le bogolan est aujourd’hui beaucoup utilisé en décoration.




 Sources: YourambaAliexpress

Il s’agit pourtant d’un tissu sacré, dont les dessins varient selon la communauté qui le porte ou le message qu’il est censé transmettre (faits historiques, totems etc...).

Il était également utilisé par les chasseurs, équivalent africain de l’imprimé camouflage (ce serait d’ailleurs la véritable origine du tissu).

Enfin, son origine naturelle est censée convoquer des bienfaits et célébrer l’attachement du peuple qui le porte à la terre dont il est issu et à son pouvoir mystique.

Aujourd'hui, il semble peu à peu faire son entrée dans le milieu fermé de la mode mainstream, pour l'instant cantonné au rang d'accessoire, avec toutefois de belles perspectives...


Sources: Society6 

24 avril 2018

TUESDAY TUNE (V) : "NICE FOR WHAT" by DRAKE


Je me préparais un matin, le doigt entre le sèche-cheveux, le tube de mascara et le pavé tactile de mon ordi.

YouTube suggérait alors je consentis, comme souvent d'ailleurs.



Me voilà, à 6h37 et des poussières, m'enjaillant sans retenue et exultant à la vue de cette ode à la femme noire, plus quelques quotas.

Un panthéon de féminité qui ne s'excuse pas s'offrait à mes yeux et permettez que j'en fasse l'article juste pour le plaisir:



Les actrices Yara Shahidi et Tracee Ellis Ross (la fille de Diana) de "Blackish":




Le mannequin britannique Jourdan Dunn:

 



la ballerine afro-américaine Misty Copeland:





L'actrice Rashida Jones (la fille de Quincy et de "The Office"... et de "Parks and Recreation"):




L'humoriste afro-américaine Tiffany Haddish (hilarante, je sais):

 



La scénariste / actrice afro-américaine et sénégalaise Issa Rae (Diop) ("Insecure"):





L'actrice wakandaise... euh... britannique Letitia Wright ("Black Panther"):






Les somptueuses latinas Michelle Rodriguez ("Lost")  et Zoe Saldana:





Le MC Syd The Kid ("The Internet"):




L'exultation fut aussi sonore: un sample du "Ex Factor" de Lauryn Hill, une de mes obsessions du moment (voir article),  ad libitum, fait office de liant et squatte l'arrière-plan.


Enfin, peut-on omettre l'allusion en mots et en rythme à Freedia, reine de la bounce, icône transgenre et ultime emblème de cette fémininité qui ne s'excuse pas?
"Nice for what" emprunte en effet son beat épileptique à ce sous-genre du hip hop né à la Nouvelle Orléans (à qui, je vous le rappelle Beyoncé a rendu hommage à travers "Formation" et dont je vous parlais ici).
On ne peut s'empêcher de se dire que Freedia, dont la voix ponctue le titre de Drake, va vraiment finir par prendre la grosse tête, et que ça ne va pas être beau à voir...

(au passage, j'aurais aimé vous instruire davantage sur la bounce, mais ne souhaitant pas choquer les âmes (trop) sensibles, je vous laisse faire vos recherches sur YouTube, tous seuls, comme des grands... Dommage, ça aurait pu être fun tout plein! Foutues âmes (trop) sensibles! ^^)


Le propos, quant à lui, est simple, mais il fallait qu'il fût réitéré:
dans "Nice for what", Drake évoque les combats quotidiens de femmes, fières et puissantes qui ne doivent leur succès qu'à elles-mêmes, oeuvrent ("workin' hard girl, everything paid for") et se construisent leur propre "mini" empire en dépit des détours qu'emprunte leur vie ("I've been peepin' on what you bringin' to the table", "you got a baby Benz"). Il leur rappelle qu'elles n'ont par conséquent nul besoin de porter le masque de la mièvrerie (ou de la gentillesse affectée, si vous préférez) qui incombe hélas trop souvent à la gent féminine (d'où le titre: " 'Gentille', pourquoi, au juste?").
Il célèbre surtout leur authenticité ("that's a real one in your reflection"), leur mépris des faux-semblants mais aussi leur sentiment d'insécurité ("with your phone out, gotta hit them angles... And you showin' off, but it's alright...")


Bref, Drake est féministe (mais ça, on le savait déjà; cf. "Girls love Beyonce" , "Make Me Proud", et tant d'autres, haha) et je crois bien qu'on tient là un hymne estival, le "Formation" de l'été '18.


20 août 2017

OB-SESSION IX*

(by Fal-bla-bla)

* Une image qui tourne en boucle dans nos têtes



Ces bracelets sont des diarra et ils m'obsedent. J'en veux une pile. 


These are diarra bracelets and I am currently obsesssed. I want a whole stack of them. 

13 juillet 2017

OB-SESSION VIII*



* Une image qui tourne en boucle dans nos têtes



23 avril 2017

OB-SESSION VII*


* Une image qui tourne en boucle dans nos têtes



30 octobre 2016

BLACK TV

(by Fal-bla-bla)

 

Cet article est en quelque sorte une référence à "Crack TV", un texte dans lequel je m'enthousiasmais à l'idée qu'il y ait davantage de Noirs à la télévision... américaine (pour la française, on verra dans 10 ans; l'Amérique innove, la France rénove, c'est bien connu). 
Il s'agissait alors de passer en revue un échantillon d'émissions de téléréalité dont les personnages étaient exclusivement noirs. C'était rare, c'était frais, c'était surtout tout ce qu'on avait, alors je m'enthousiasmais. 
Je m'enthousiasme pour un rien, c'est bien vrai.
Car, vois-tu, aujourd'hui, il y a mieux; beaucoup mieux: la télé a sacrément évolué, et je ne te parle pas que de la télé qui vend du crack mais de la télé bien comme il faut. 
Elle a pris des couleurs, a abattu quelques murs, bazardé quelques clichés et ce, en une poignée de mois à tout casser.

À vrai dire, j'aurais pu consacrer cet article aux nouvelles séries qu'il ne faut absolument pas manquer et il s'avérerait qu'elles sont toutes centrées sur des protagonistes noirs; et dans un monde idéal, tout le monde s'en battrait la rate. Mais puisque le mot "nègre" est encore lâché de nos jours avec une décontraction qu'on attribue trop souvent à de la maladresse , ou mieux, à de la candeur, et qu'être noir dans certains coins des États-Unis revient à servir de chair à canon pour policiers enragés, il me semble tout à fait pertinent de noter que les séries qui font parler cet automne sont bel et bien noires.

Il y a peu, j'ai entamé un article sur l'identité de la femme noire à travers quatre séries dans l'air du temps: "Empire", "Scandal", "How To Get Away With Murder" et "Being Mary Jane". Hélas, ce ne fut qu'une velléité de plus. Mais cet automne, je tiens enfin l'occasion de me rattraper. Et pour bien faire les choses, je compte t'entretenir de l'identité noire tout court (et comme, d'habitude, la femme passera à la trappe ^^).

Vaste programme, me diras-tu... Eh bien, pas tant que ça. Ce que les séries auxquelles je pense ont d'exceptionnel, c'est justement de mettre en lumière à quel point être noir est banal. Elles ne te traineront pas dans les couloirs de la Maison Blanche, sur des plateaux télé, ou encore au coeur de procès médiatisés et elles ne se repaîtront pas non plus de stéréotypes rances - le Noir s'illustre en rappant ou dribble pour survivre. Il ne s'agit ni d'idéalisme, ni de misérabilisme mais plutôt d'un entre-deux apaisant, qui érige la banalité en principe de normalité.

"Atlanta"


Ma première découverte fut "Atlanta". J'affichais d'ailleurs dans "Crack TV" ma passion pour "la capitale noire des États-Unis". "Atlanta" reprend les clichés évoqués dans cet article: hip hop, ghetto et dope, le tout servi par des prises de vue, un humour décalé et des partis pris narratifs qui ont un étrange arrière goût de "Breaking Bad", assurant un contraste rafraichissant et posant un regard neuf sur une frange de l'Amérique, qui n'est qu'une version dystopique de "Surbubia", ou Wisteria Lane, pour les inconditionnel(le)s de "Desperate Housewives".


Derrière et devant la caméra: le rappeur Childish Gambino (pour des raisons évidentes, il préfère "Donald Glover" quand il s'agit de produire des séries télé à succès; comme on le comprend...).
Earn, campé par Childish donc, tente de percer dans le milieu du hip hop après avoir abandonné un brillant cursus à l'université de Princeton. Il renoue, pour ce faire, avec son cousin du ghetto, qui deale et rime à  ses heures perdues, connaissant une gloire soudaine et quelque peu usurpée, à laquelle Earn veut lui aussi goûter. Les temps sont durs et les opportunités rares. Ainsi, au même titre que son héros,  "Atlanta" exploite des clichés éculés en même temps qu'il les détruit, illustrant brillamment la banalité du quotidien et les zones grises aussi.



"Queen Sugar"


La banalité du quotidien, les zones grises, c'est aussi ce que propose d'explorer "Queen Sugar", qui plante son décor au coeur d'une plantation, dans le Sud des États-Unis, dont viennent d'hériter trois enfants du pays aux parcours contrastés.


Nova, la journaliste naturopathe, vit une idylle clandestine et s'évertue à opposer sa vie à la marge aux incohérences d'un système qui écrase ceux auxquels elle a choisi de s'identifier: ceux qui, acculés par les
privilèges de race et de classe d'une société clivée, tentent de survivre malgré tout.
(oui, fan de "True Blood", je te vois jubiler:  il s'agit bien de Rutina Wesley...)


Ralph, le repenti en manque de reconnaissance, tente tant bien que mal d'élever son fils. Emblème d'une négritude qui oscille entre splendeur et décadence, le personnage de Ralph est surtout pétri de dignité et d'une grandeur à peine perceptible.



 Charley, la demie sœur moderne établie en Californie, a quelque peu délaissé les siens mais pertes et trahisons ont fini par raviver son attachement viscéral à sa terre. 


Produite par Ophrah Winfrey, la série nous offre trois facettes de la négritude prises en charge par trois êtres puissants à la croisée des chemins, à l'identité constamment défiée par les tourments de l'époque à laquelle ils appartiennent.



"Insecure"


La complexité dépeinte par "Queen Sugar" est également le postulat de départ d' "Insecure", le remake façon HBO de "Awkward Black Girl" que les accros de YouTube auront sûrement savouré il y a quelques années. Issa Rae (Diop ^^) y incarne la femme noire comme elle a rarement été représentée à l'écran: 
maladroite, pétrie de doutes et profondément attachante. 

 
"Insecure" relate les aventures hilarantes et souvent pathétiques d'Issa (personnage inspiré à 80% par sa créatrice). 
Issa cherche l'amour,  Issa rappe, Issa évolue dans un milieu professionnel qui ne lui convient pas réellement (sa patronne est le sosie de Rachel Dolezal, c'est dire...). 

 
Issa c'est moi, c'est toi, quelle que soit ta couleur; parce qu'un jour, avant une soirée, toi aussi tu as essayé toute ta collection de rouge à lèvres devant le miroir et tu as rappé en alternant les personnages au gré des couleurs que tu appliquais. 
Tu n'oseras jamais l'avouer en public bien sûr; ça reste entre nous. 



Issa évolue elle aussi en zone grise, se faisant, notamment par ses tenues et sa coiffure afrocentriques, l'emblème d'une culture dont elle s'échine pourtant  à rejeter les clichés. Elle prétendra par exemple ignorer la signification de "on fleek" pour contrarier les préjugés de ses collègues qui se donnent pourtant tant de mal pour ne pas avoir l'air racistes. 
Un truc que j'aurais moi-même fait sans scrupule, au passage.




Voilà donc trois séries qui réécrivent l'identité noire à leur façon et explorent des chemins jusqu'alors délibérément ignorés par la fiction destinée au grand public.
Bref, il semblerait qu'en ce moment  la télé américaine soit un vaste supermarché de la negrirude, celle qui ne s'excuse pas: il suffit juste de se servir !


19 août 2016

OB-SESSION VI*


* Une image qui tourne en boucle dans nos têtes











L'Officiel nous révèle son dernier numéro intitulé "GANG OF AFRICA".

On y reconnaîtra entre autres la chanteuse Ciara ainsi que les mannequins Iman Bowie et Ajak Deng. 

Il s'agit ici de célébrer la beauté du continent africain et sa diaspora.

Le programme tient en un slogan détourné: "Black beauty matters"...

Hâte de me le procurer!


  

03 février 2016

"MASTER OF NONE"



"Jack of all trades, Master of none" ou l'art délicat de choisir ses batailles.

 
"Master of None" est un tendre euphémisme qu'Aziz Ansari a attribué au personnage qui fera enfin oublier l'ineffable Tom Haverford. 
Notre cruel monde, quant à lui, ferait peu de cas de la poésie et se contenterait du vocable "loser".
 
Notre héros se nomme Dev et Dev, c'est aussi Aziz.
Il mène une carrière d'acteur bien piètre, qui lui vaut toutefois d'être reconnu pour des rôles publicitaires alimentaires sans grand intérêt. 
Dev est un trentenaire archétypal: encore enfant et s'efforçant pourtant d'aspirer à une existence d'adulte accompli.
Dev joue surtout à être grand.

Il rappèlera aux fanatiques de "Girls" une certaine Hannah, l'ego surdimensionné en moins. 
On aurait d'ailleurs juré que "Master Of None" était un pur produit d'HBO, en plus propret et avec un centrage exclusivement générationnel .
On notera tout de même une scène torride avec Claire Danes, qui aura certainement fait dire à Aziz: "Je peux désormais mourir en paix."

Les tracas professionnels de Dev et sa vie sentimentale tour à tour ubuesque et soporifique constitueront le cœur d'une intrique hilarante, pour peu qu'on soit sensible à ce genre d'humour. Et parce qu'après tout le monde est une scène, Aziz Ansari (auteur et acteur de la série) n'hésitera pas à solliciter ses amis (dont le scénariste Allan Yang et Eric Wareheim) mais aussi ses propres parents, avec pour thème central la sempiternelle question raciale aux Etats-Unis, vue cette fois-ci par le prisme inédit et rafraichissant de la culture américano-indienne et agrémentée d'une bande son constituée exclusivement de morceaux d'anthologie qui donneront toute leur saveur à l'incipit et au générique final.
Chaque épisode sera précédé de la mention "Master Of None presents..."
 
Vaste programme, que je vous invite à découvrir sans délai!
 

25 décembre 2015

JAMAIS DEUX SANS TROIS

(by Fal-bla-bla)

 

Alors comme ça, ça fait trois ans?! Trois ans déjà que les greluches... euh, la greluche sévit sur la blogo!
 
Et dire que tout a commencé un peu par hasard, une nuit de décembre, au milieu d'un tas de vagues résolutions: "Un blog mode? pourquoi pas?"
 
Il aura tenu trois ans et il aura fallu y croire pour deux.
 
Vingt-quatre mois, trois cents soixante-quatre jours, vingt-quatre heures et surtout de longs moments de scandaleuse procrastination plus tard - miracle - il est toujours là!

Il se sera entêté, aura évolué, aura été plus fidèle à lui-même que jamais (le bougre!), pris les devants, mis des points et tourné quelques pages.
 
Il aura même connu sa première Fashion Week, fait des rencontres inspirantes, ouvrant sur de bien belles perspectives.

Jamais deux sans trois, en effet, et j'en reprendrais bien une quatrième!
 

03 décembre 2015

THE EYE OF THE BEHOLDER (IV) *

(by Fal-bla-bla
 

* Question de perspective
 
 
Gabourey Sidibé
pour
V Magazine
 
 
"Mon nom est Clareece "Precious" Jones. J'aurais aimé avoir un petit ami à la peau caramel et aussi avoir de super beaux ch'veux. Et j'voudrais être sur la couv' d'un magazine. Mais d'abord j'voudrais être dans les clips qui passent sur BET. M'man me dit que j'sais même pas danser. En plus, elle dit qu'ya personne qui veut voir mon gros cul danser, d'façon!"
 
 
 Précieuse, Gabourey.
Incomparable, c'est sûr.
"Precious" nous l'avait révélée.
Et depuis, Gabourey a désarmé les canons, sans avoir l'air d'y toucher.
Elle nous parle de lumière qui brille en soi dans les tranchées de la vie et brille davantage une fois sorti...
Elle nous parle d'une beauté qui s'invente et annexe les a priori en dépit des circonstances.
D'une beauté qui provoque, conquiert et exulte.
Une beauté qui se défend à coup de "et alors?" et s'arme de "tant pis!" mais, toujours, survit.


"Some folks has a lot of things around them that shines for other peoples. I think that maybe some of them was in tunnels. And in that tunnel, the only light they had, was inside of them. And then long after they escape that tunnel, they still be shining for everybody else."

 Précédemment, dans "THE EYE OF THE BEHOLDER": Maya Angelou
 

19 octobre 2015

OB-SESSION V *

(by Fal-bla-bla)
 
* Une image qui tourne en boucle dans nos têtes.
 
 
Taka Naka
Source: Vogue UK

 

13 juin 2015

THE EYE OF THE BEHOLDER (III) *

(by Fal-bla-bla

 
* Question de perspective
 
 
Maya Angelou
pour

 -

Maya, harmonie du corps et de l'esprit. 
Être soi, sans fard ni apparat.

Force des traits, puissance des mots.
Forcer le respect sans en faire trop. 

Maya, m'a subjuguée. 
Ses mots ont réécrit le beau.
 
 
-
 
 
"A woman in harmony with her spirit is like a river flowing. She goes where she will without pretense and arrives at her destination prepared to be herself and only herself."
 
Maya Angelou

-

Précédemment, dans "THE EYE OF THE BEHOLDER": Adrien Brody

 
 

15 mai 2015

THE EYE OF THE BEHOLDER (II) *

* Question de perspective 


Adrien, la définition même du double take.
"Oh but wait..."
Pas mal!

Adrien, le nez, équerre tordue d'un chef-d'œuvre délibérément mal tracé, à la manière d'un Picasso cabotin et un peu zélé, qui aurait voulu le sourcil aigu, le regard grave et la bouche en suspension - égoïste et généreuse, un point, un trait. 

L'ébène de la luxuriante chevelure répondrait sans sourciller aux mâchoires étroites dont les flancs creux et clairs seraient portés par un cou fièrement démesuré. 

Et pourtant.

Adrien serait beau.

 Mais pas d'une beauté qui s'excuse, qui geint et affecte des airs faussement mièvres et gentillets.

Non.
La beauté d'Adrien ne s'excusera pas.
Elle s'impose.

Un double take qu'on n'oublie pas....
-
Adrien is the true embodiment of a double take.
"Oh but wait"
Not bad at all!
Adrien's nose, a bracket holding sliding shelves, brows designed as if a mischievous and overzealous Picasso had once again sketched a puzzling asymmetrical masterpiece.
Sorrowful eyes and a mouth both conceited and generous.
A clash of colors: luxuriant ebony hair, narrow jaws whose hollow and wan slopes proudly sit on an endless neck.
But do not be fooled by my words.
Adrien is  pure beauty, in the eye of the beholder.
Mine at least, if you prefer.
His beauty does not feel sorry for him, it does not whimper.
Nor does it pretend to be all smiles and deceptively sweet to fool you better.
Not at all.
Adrien's beauty will not feel sorry.
It asserts and stands its ground, solely.
Just one double-take and, trust me,
you will never forget....

-

Précédemment, dans "THE EYE OF THE BEHOLDER": Chantelle Winnie 

03 mars 2015

THE EYE OF THE BEHOLDER (I) *

(by Fal-bla-bla
 
* Question de perspective
  
 
Chantelle Winnie
pour
The Guardian


Tout chez Winnie chante la grâce et la douleur.
Mais aucune place pour le doute quand Chantelle affiche ses couleurs.

Une beauté simple.

Un noir  presqu'arrogant tant il est fier.
Un blanc qui s'invite par petites touches.
Winnie vous touche, et dans le même élan, vous interpelle.

Tout chez elle chante la douleur d'être belle.

 

17 février 2015

OB-SESSION IV *

(by Fal-bla-bla)
 
* Une image qui tourne en boucle dans nos têtes.
 


04 février 2015

"EMPIRE", LA SERIE "PLUS HIP-HOP TU MEURS"...



Depuis que le hip hop est devenu fréquentable, il est aussi devenu marketable, analysable; théorisable, si j'osais. Et ça je l'ai vite compris en constatant que l'université américaine que j'ai fréquentée il y a quelques années proposait un cours intitulé "Hip Hop Cultures".
 
Enrique, latino, gay et truculent (d'accord, c'est aussi pour ça que j'ai choisi son cours et aussi parce qu'il me battait au poker tous les samedis soirs) dissertait des heures durant sur la mythologie hip hop, entouré de disciples WASP à une exception près (moi, donc), dans un cadre évoquant un remake très bon marché et très 21ème du Cercle des Poètes Disparus.
 
On y décortiquait l'émergence d'un phénomène, ses différentes expressions et son évolution. On y écoutait des extraits, comparait, débattait. Je rendais toute leur légitimité à IAM et NTM (paix à leurs âmes), refourguais du Diam's et de la boulette avec une candeur qui m'émeut encore des années après, et, surtout, découvrais ce qui m'avait jusqu'alors semblé anodin sous un jour neuf: celui de l'art et de la sociologie.
Epiphanie. Mais alors pourquoi étais-je la seule à éprouver tant d'enthousiasme? Ou plutôt, pourquoi étais-je la seule noire (ou latino, quand j'y pense) à assister à ce cours? Etais-je donc la seule de ma couleur à accorder du crédit à un des genres musicaux les plus racialement marqués? "I should take this class next semester. Never considered it", me rétorqua le charmant étudiant en média du service informatique qui m'avait aidée à monter la compile destinée à étayer ma présentation du hip hop made in France. Un "Assassin de la police" traîne encore sur le disque dur d'un jeune cadre, quelque part en Amérique. Il semblait que pour lui, le hip hop n'eût jamais été fait que pour danser et secouer la tête machinalement et non pour réfléchir et débattre, creuser et analyser. Etrange regard posé sur sa propre culture.
 
Pourtant, le hip hop que nous proposait Enrique se racontait non seulement en rimes et en flow, mais aussi à travers les jeux de mots, les tropes, l'imagerie dense, la richesse des textes et l'intertextualité de rigueur dans un art en pleine construction. Loin des clichés, on reconnaissait à ce son de la rue son véritable statut d'expression artistique, fertile et honorable. On feuilletait des livres, qu'on analysait comme on eût analysé un Roth, un Ford ou un Carver.
J'en restai là: la tête pleine de nouvelles idées sur ce qui allait désormais devenir ma musique de prédilection, m'éloignant doucement mais sûrement des niaises mélodies sucrées que jouait régulièrement mon Ipod fraîchement acquis. Impossible, désormais, d'écouter un morceau sans en analyser la portée sociologique ou la rattacher à tel courant, tel mythe ou tel sous-genre.
 
Un jour, des années plus tard, au hasard de mes pérégrinations virtuelles, je tombai une série de télé-réalité ("Love and Hip Hop") mettant en scène des figures un peu dépassées de la scène hip hop contemporaine, de la manière la plus indécente qui soit. Y étaient évoquées leur vie sentimentale et professionnelle (voir l'article qui y fut consacré). Le hip hop était donc devenu mainstream, selon la loi qui veut que n'est underground que ce dont on se méfie et qui paraît distant, voire inapproprié: voilà le hip hop banalisé par sa simple association aux mots "love" et "VH1". Je compris que la rue avait envahi les confortables salons américains, mais qu'elle avait aussi dû d'essuyer les pieds et laisser les Timbs à l'entrée. "Amour, Gloire et Hip Hop", la violence en plus et les "bip" stridents en guise de ponctuation. Ca fait plus authentique, vous savez.
 
Plus récemment, l'accession du hip hop au mainstream connut une nouvelle étape, et pas des moindres: il me fut donné, lors d'une énième virée sur YouTube, de visionner la bande annonce de "la série événement de l'année", qui n'en est qu'à ses balbutiements mais fait déjà beaucoup parler: "Empire".
 
 
Mieux que la crack tv, le crack opera, la série hip hop qui me rendrait accro comme jamais. J'aimerais ça, j'en redemanderais même si c'était bourré de clichés pour mieux convaincre ceux qui avaient regardé le genre avec dédain pendant toutes ces années.
 
Tout cela était éloigné du Hip Hop d'Enrique, bien sûr. Le genre sacrifiait un peu de sa noblesse pour mieux vendre. Il choquerait sans doute le vieil MC, puriste forcené, un peu party pooper sur les bords et plié sous le poids du bling écaillé: le hip hop vendrait donc son âme au diable pour engranger davantage de profits. Controverse, polémique sans fin.
Le hip hip doit-il rester street, hood? Faut-il le nettoyer? Le rendre classe et arty? Et Iggy Azalea dans tout ça? Hein?
 
Mais il suffira de lui rappeler, à ce vieil MC récalcitrant, à la manière de Lucious Lyon, parrain du game reconverti en homme d'affaires impitoyable:
 
"La controverse, c'est Hip Hop. C'est comme ça qu'on est devenus riches après tout"
 
La controverse à tout prix.
 
Lucious sait de quoi il parle, figurez-vous. Son flow lui vient des bas-fonds, "O.G." est bien plus qu'une petite coquetterie de rappeur en mal de street cred'. Lucious a trahi, trafiqué et même tué pour gravir les échelons. Trois fils laissant fortement à désirer et une ex-épouse déterminée à récupérer son dû pour lancer une intrigue à mi-chemin entre thriller et saga, entre Tupac et Dynastie.
 
Pas si éloigné du cours d'Enrique finalement...
Identité, culture et contre-culture, genre et race, mythes et mythologie, fiction et hip hop, narration dans la culture urbaine... Tout cela est vulgarisé (dans tous les sens du terme) et proposé à un large public; connaisseurs et néophytes pourront ainsi se faire leur religion.
 
Que la bataille commence.

 

05 janvier 2015

OB-SESSION III *


* Une image qui tourne en boucle dans nos têtes.
 
 

23 décembre 2014

BLACK-ISH

(by Fal-bla-bla)
 
black: noir*
-ish** (suff.): pas tout à fait

(*quoi?! Tu savais pas?!)
(**aussi: onomatopée d'origine africaine signifiant l'exaspération)
-

Son de college band : Jesus Walks (← clic clic) de Kanye West en prélude.

Autant te dire que je suis séduite.
Et toi tu décroches, c'en est déjà trop: tu te dis que cette série, quoi qu'il en soit, c’est bien trop populaire (beRk!), pas assez  élitiste pour toi.
Kanye West, m’enfin… Quelle idée !
Laisse-moi te convaincre. Tenter du moins.
Parlons contemporain, parlons bien: Black-ish est une série urbaine. Euphémisme pour ne pas dire « noire », d’où le suffixe « ish » 
( « urbain » = noir policé ; la musique « urbaine », la mode « urbaine », le langage « urbain » et maintenant une série « urbaine »).
Le monde s’ « urbanise » , faut croire...
Ma foi.

Alors, je t’explique.
Notre héros (un peu anti sur les bords) déblatère, nous parle du rêve américain un peu distordu que vit sa famille:

"Et sur votre gauche, vous pouvez voir la famille noire américaine mythique et majestueuse, sortie de son habitat naturel mais toujours en lutte"
Le pitch est posé.
Ai-je vraiment besoin de t’en dire plus ?
Evoquer le Cosby Show à l’heure de la démystification serait malvenu, n'est-ce pas? 
Pourtant, comme j’aurais aimé te dire que Black-ish est le Cosby Show des années 15 !
Une famille noire évoluant dans un quartier monochrome.
Une adaptation, qui lui coûte une part de son identité et lui vaut un suffixe en prime.

Une lutte perpétuelle, à tout propos, comme pour se justifier.
L'Amérique noire "post-raciale" dépeinte à la télé, en somme. 

Car, apparemment, il est toujours nécessaire d'évoquer ces choses-là, vois-tu...
-
  
Notre héros se nomme Huxtable… euh… non, Dre.
Dre Johnson.
Plus noir, tu meurs.
Dre voudrait évoluer dans son entreprise.
On lui confie alors la direction du département culture « urbaine » (encore elle !)
Logique.
Et puis ce collègue imbuvable qui lui adresse des «  Yo! », «  Waddup?! » et « Keep it real! » en guise d’hommage à sa culture.
Dre est ingrat, dis donc: il ne goûte guère ces égards dispensés libéralement.
Pour ne rien arranger, son fils boude le sacrosaint basketball  pour s'adonner au hockey sur gazon et préfère se faire appeler Andy; Andy pour André. Hérésie!
 On s'insurge avec le père face à cette perte de repères avant de le trouver tout ça très mignon ; apothéose quand le fiston réclame sa propre bar-mitzvah.
On applaudit!

Heureusement, chez Dre, on mange encore du poulet braisé… au four !
Et la Soul Food alors? Commandée chez le traiteur.

Bref, Black-ish nous parle de syncrétisme, de mélange des genres, avec, qui plus est, un casting convaincant et sans concessions :
Tracee Ellis Ross (la fille de Diana) et Laurence Fisburne (producteur) pour te servir!


 
Alors, conquis(e)?