14 août 2014

ESTHER



Ca y est! J'ai fait un streetstyle dans ma ville! Honnêtement, ce n'est gère compliqué d'accoster quelqu'un dans Paris et de lui demander une photo. C'est presque banal, en fait. Dans ma ville en revanche je craignais d'essuyer des refus alors je me suis longtemps abstenue. Et j'en ai raté des tenues!
 
Jusqu'à ce que je croise Esther. J'étais côté piscine, Esther côté catwalk - la longue plateforme de l'arrêt de bus le plus desservi du coin. C'est son canotier que j'ai d'abord remarqué. Et puis sa jupe plissée, longue devant et courte derrière, qui suivait le moindre de ses mouvements. Elle avait des boots cloutées aux pieds, et une veste somme toute classique qui cachait en réalité un crop top un peu timide. Noir et blanc pour tempérer l'originalité de la  coupe et des formes. Et un sac imprimé léopard pour finir le look.
 
Il était donc logique que je traverse pour voir ça de plus près. J'étais surtout fascinée par l'audace d'Esther. Et de toutes les tenues que j'ai photographiées, la sienne m'est la plus chère. Dans ma ville, j'estime qu'une tenue originale ne révèle son potentiel qu'une fois arrivé(e) dans le centre. Avant cela, les regards sont davantage mus par la curiosité que par une réelle évaluation de la prouesse vestimentaire proposée. Imaginer Esther traversant les rues vêtue de ce morceau d'avant-garde suscitait donc toute mon admiration.
 
Alors il fallait que je le lui fasse savoir.
Esther écoutait de la musique mais c'est avec un large sourire qu'elle accueillit ma demande de photo et avec beaucoup d'élégance qu'elle s'y plia. Je lui posai bien sûr ma désormais sacrosainte question "C'est vintage?", ma façon (inefficace, j'en conviens) d'en savoir plus sur les marques et l'origine des pièces portées. Esther me dit que sa tenue était composée de pièces qu'elle avait dénichées "un peu partout".
Elle allait danser ce mercredi soir-là.
Une artiste quoi!
 

19 juillet 2014

SEBASTIAN

 
 
Sebastian, je l’ai tout de suite remarqué. J’étais sur le trottoir d’en face quand son accoutrement m’a interpelée.
Honnêtement, je n’avais jamais vu pareil style.
C’était nouveau, surprenant.
Évidemment, ma timidité me joua encore des tours. Je repoussai le moment fatidique, celui où il faut cesser de s’écouter et foncer.
Poussée par ma sœur, je traversai la rue du Louvre.
La fille qui trottinait derrière un type en costume chamarré, manquant de laisser son chapeau s’envoler, c’était moi.
In extremis, je réussis à le rattraper.
Un, deux, trois. 
« Excusez-moi… »
Oops...
 
Le garçon ne parlait pas Français.
L’interview se ferait donc en Anglais.

Sebastian, qui venait rendre visite à une amie à Paris, était allemand.
Wunderbar !
(c’est peu ou prou ce que sept années d’Allemand m'ont laissé…)
"I love your style", donc.
 
Il me remercia puis la conversation s'engagea, assez naturellement.
Sebastian portait un short suit (costume-short) coupé dans un tissu bigarré, qui, de loin, avait des airs de wax. D’entrée, je présumai qu’il l’avait déniché dans une boutique vintage.
« Is it vintage? », m’empressai-je de demander.
« Oh no ! It’s from TopMan. Do you know TopMan?”
TopMan… ? Mais oui! TopMan, le rayon homme de Topshop! Ca ne m’étonna pas.
Sa chemise, Sebastian le tenait de H&M. En denim, elle était recouverte d’un imprimé léopard plutôt discret.
Il portait également des lunettes imprimé zèbre.
Le tout était parfait. Une cohérence paradoxale. Un exploit.
Voilà ce qui m'avait interpelée chez Sébastian: il avait une dégaine de sapeur*.
Une grosse dose d'originalité et beaucoup d'élégance.
C'est bien cela, Sébastian était un sapeur du Nord.
On sentait bien qu'il était du genre à se concocter un style bien à lui, à faire fi des règles désuètes de la mode et à s'en créer des nouvelles, tout en restant cohérent.
Aujourd'hui par exemple, Sebastian avait clairement voulu jongler avec les imprimés.
(Tricologie, pour les connaisseurs!)
Et c'était réussi! 
Il me demanda alors si je connaissais des adresses de boutiques originales et vintage à Paris.
Je restai vague. Hélas. Je lui conseillai le Deuxième et Le Marais. N'étant pas Parisienne, je ne pus donc renvoyer l’ascenseur à notre sapeur venu d’Outre-Rhin.
Alors, un peu pour me rattraper et surtout pour le remercier, j’ai fait quelques recherches pour notre ami Sebastian et pour tous ceux qui, de passage à Paris, voudraient se perdre dans les friperies.
 
 
Vielen Dank, Sebastian und freut mich! 
Si la S.A.P.E. vous fascine, lisez donc "UN SAPEUR SACHANT SE SAPER".

-
 
Vintage Désir, 32 rue des Rosiers, 75004
(et on se prend un Falafel au passage! ^^)
 
 
Espace Kiliwatch, 64 rue Tiquetonne, 75002
 
 
Episode,  12-16 rue Tiquetonne, 75002
 
 
Goldy Mama, 14 rue du Surmelin, 75020
 
 
 
* un sapeur est un dandy d'Afrique, membre de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes ^^).
Plus d'informations ici et plus d'images là et là
 
 

15 juillet 2014

FATY



Je n'osais pas vraiment l'aborder.
Je tergiversais.
Partais, revenais.
"Il faut que je lui demande".


Elle m'impressionnait.
"Viens avec moi. J'ose pas."
La fille avait du style et l'attitude qui allait avec.

Un long manteau androgyne, un jean raccourci, un sac carrément vintage et des Vans délibérément usées.
Son ombré parfaitement lissé, ses lunettes délicieusement rétro et le rouge écarlate qu'elle portait aux lèvres parachevaient ce look .
Il me le fallait, ce cliché.


Mais Faty était impressionnante.
Un charisme fou. Une dégaine inédite.

Je pris mon courage à deux mains  et décidai de me lancer.
Mais non.
Faty fumait. Elle parlait au téléphone. Sa voix grave résonnait.
Raccord!
Mais je l'aurais quand, ce cliché?


Ouf. elle raccrocha. Et je me lançai enfin.
"Bonjour. Je trouve que tu as beaucoup de style et je me demandais si tu voudrais poser pour mon blog..."
Surtout, le dire d'un trait, sans hésiter.
Silence.

"Ah, Merci! Pas de souci! Tu poses avec moi alors?"
a-t-elle répondu, comme pour signifier qu'elle validait aussi mon style.
Consécration!
Ce n'était pas si compliqué que ça, finalement...

J'ai pu lui poser une question.
"C'est quoi ton syle, en fait?"
"Ben, pas grand'chose aujourd'hui. Juste jean-basket..."


"Juste?!" aurais-je aimé rétorquer...

Hélas, une voiture l'attendait non loin de là.
A peine le temps de lui demander son prénom et de se lancer un "Bye!" de routine, comme si ce n'était ni le premier, ni le dernier et Faty quittait déjà la Place de la Concorde.

"Juste", Faty?
Si seulement tu savais à quoi un simple jean-basket ressemble sur la greluche de base...


Pas à ça, en tout cas...
 
 



12 juillet 2014

LAURA



"Excusez moi, vous êtes du coin?"

C'est ainsi que Laura nous a accostées, alors que nous ne savions pas nous-mêmes comment l'aborder. 
Le hasard fit bien les choses: Laura cherchait son chemin et nous du style.
Avenue Montaigne, pour le décor. 
Elle serait notre premier streetstyle, c'était sûr!

Le chemin de La Poste fut vite oublié et Laura accepta de répondre à nos questions et de nous offrir un joli cliché.

Laura porte un élégant turban rétro, une veste qu'elle a dégotée chez Primark; sa chemise et son legging sont dégriffés.
On approuve!

Laura qualifie son style de "classique", "avec une touche actuelle".

On lui dit que c'est pour notre blog.
Ça pourrait intéresser son frère, nous rétorque-t-elle.
Alors, pas mécontente de faire de la promo improvisée pour notre cher blog, j'en griffonnai l'adresse sur une feuille de papier, tandis que Laura, toujours aussi affable, nous parlait du style de son frère et de ses manies vestimentaires. 
Sympa, Laura - en plus d'être bien habillée!

On la salue donc, ainsi que le frangin, qui customise son vélo avec du wax*. Alors on aime forcément!


*tissu africain

06 janvier 2014

LA FASHION INTERVIEW (I)

AUGUSTA

(by Falblabla) 
 
Augusta est donc la première à accepter de répondre à nos questions.
Courageuse Augusta!
Mais d'abord, laissez-moi vous la présenter.

La première fois que j'ai croisé Augusta, c'était à un mariage. La go portait du noir. "Zut!", ai-je dit à ma mère, "je t'avais bien dit que ça se faisait!", regrettant de ne pas avoir moi-même osé. Autant dire que j'ai tout de suite adhéré! D'ailleurs, je lui ai immédiatement réservé une place dans le top five des personnes les mieux habillées (que j'établis dans ma petite tête lors des grands événements... je sais, j'abuse!): sa robe bustier noire, ses talons vertigineux et ses box braids dressées en chignon majestueux, révélant son exquis port de tête nubien.

Pour ce qui est du quotidien, Augusta, c'est plutôt ça en été, en virée shopping:


 
Et ça en hiver, à la pause déjeuner:
 

Et ça, un weekend de janvier:

 
(Hey Augusta, la prochaine fois que je te vois, ne viens pas avec ton Jérôme Dreyfus: tu risques de repartir sans... ^^)

Cette Parisienne décontractée, dont le look évolue en permanence (de casual à corporate du jour au lendemain), voyage beaucoup et rapporte souvent des pièces (des tooooonnes de pièces) de ses séjours londoniens et new yorkais.

Mais... trêve de blabla, voici donc Augusta:

Ton style en quelques mots?

« De la simplicité, beaucoup d'accessoires et des talons.
Je suis quelqu'un qui adore la simplicité.
Pour moi l’excentricité c’est avant tout les bagues, bracelets et autres colliers que j'adore porter. Moins l'hiver où ce sont mes chaussures qui font la différence »


Un basique?

« Je suis une inconditionnelle du jean. J'en possède une trentaine mais je n'en porte que quatre ou cinq. Actuellement je privilégie deux pièces que j'adore - des coupes taille haute de Primark et dans deux teintes différentes. »


Ta marque fétiche?

« Dans l’absolu, Lacroix, bien sûr!
Sinon, Primark Oxford Street est mon magasin de référence.
Je pars à Londres tous les mois ou tous les deux mois pour me faire plaisir.
Je passe aussi chez Topshop, où j'ai pu dénicher il y a deux ans un boyfriend que j'ai toujours et qui est une pièce maîtresse de ma garde-robe. »


Ton style crush?

« J'adore Kate Moss et Cameron Diaz parce qu'elles savent se rendre sexy sans trop en faire.
Toujours la petite touche qui fait la différence...
Et pouvoir rester aussi bankable sur cette durée: respect ! »


Ton obsession en ce moment? 

« Le rouge Rimmel by Kate Moss. »

Le truc que tu aimerais oser mettre?

« Un short hyper sexy...Pourquoi pas lors de mon prochain séjour à NY? On ose tout à NY! »

Ton pire fashion faux-pas?

« Je crois que les looks dont j'aurais honte aujourd'hui c'est le total look Madonna des années 90 (avec de grandes boucles d'oreilles fluo), le fluo à outrance et le jean neige…
Oui,  j'ai beaucoup donné ! »

Ta devise fashion?

La devise d'Augusta serait: 'Plutôt rester cloîtrée que de sortir mal fagotée!´

« Je ne mets jamais le nez hors de chez moi sans un minimum de style.
Mon boulanger vous le confirmera... »


Merci encore à Augusta, dont vous apercevrez peut-être ici les clichés à l'occasion! 
Et merci à Dio pour sa précieuse aide!