samedi 1 août 2020

D.I.Y. (XII): BONNET EN SATIN ET WAX


Si vous avez le temps entre deux visionnages de « Black is King », jetez donc un œil à ce nouveau tutoriel intitulé « Bonnet en satin et wax. » 



En effet, porter un bonnet en satin vous permet de préserver l'hydratation de vos cheveux et nous savons toutes que c'est primordial pour les cheveux crépus qui sont peu pourvus en sébum. Or, les tissu en coton dont sont faits nos taies d'oreiller privent la fibre capillaire de son hydratation et la provoque une friction qui peut à terme causer de la casse. 


Youtubeuse beauté, bonjour ! 


Les bonnets en satin fleurissent donc depuis quelques années sur les chaînes de nos youtubeuses préférées. Ceux de Jackie Aina, pour n'en citer qu'une, sont magnifiques. Mais voilà, où les trouver ? 


Alors, comme d'habitude, on ne panique pas et on dégaine sa machine. C'est tellement facile en plus et vous aurez la garantie d'avoir un bonnet sur mesure aussi bien en taille que pour ce qui est du choix du tissu.


Comme d'habitude, j'espère que ce tutoriel vous plaira et vous sera utile. J'ai testé un nouveau placement de caméra. Dites-moi en commentaires si vous avez réussi à le faire et taguez-moi sur les réseaux aussi. Ca me fera plaisir.


mercredi 25 décembre 2019

SEVEN HEAVEN



Sept ans.

L'âge de raison.

A sept ans, on devient insolent, askip.

On s'oppose, on teste les limites et on affirme sa personnalité. 

A sept ans, on élargit ses horizons, on gagne en indépendance et on développe un goût particulier pour la défiance.

La greluche n'échappe pas à ces constatations. 

Petite greluche est devenue grande et ses articles se déclinent désormais officiellement au singulier.

Pluie de fanfreluches!

Falblabla est au septième ciel!


lundi 23 décembre 2019

LA COMPLAINTE DU VIGILE (DE SEPHORA... ET DE NAVARRE)

(by Fal-bla-bla)

"On ne se prend franchement pas au sérieux, en vrai."

Je suis vigile.

Chez Sephora, tiens.
Non pas qu'ailleurs les vigiles soient dénués du professionnalisme sans limites ni du peu de discernement qui m’animent ; mais chez moi, plus que chez les autres, le zèle est dévoyé, atteignant un paroxysme caricatural.

Alors, viens, je t’explique.

"T'inquiète, la voix. Je m'en charge"

J’en fais trop. « Je fais mon travail. »

Et, si en entrant chez moi, ton cœur ne se serre pas autant que le mien à ta vue, alors, cette complainte n'est pas pour toi. 
Ignore cet énième acte d'iniquité systémique.
Au mieux, détourne le regard, comme tu sais si bien le faire; au pire, lâche un "c'est facile d'être blanche!"* et passons aux aveux.

Quand je te vois franchir ces portes qui dégueulent leur flot d’effluves ressassées (et au-delà desquelles baigne une cacophonie olfactive qui pourrait peut-être, me diras-tu, expliquer l’état d’hébétement constant dans lequel j’exerce ma douteuse fonction), mon costume noir s’érige sur ton passage et hantera sans relâche ton sillage.

Bienvenue sur mon terrain de chasse, où la mauvaise foi fait loi. « Je fais mon travail. »
Mon flair est arbitraire et mes cibles faciles. 
Mon sens de prédilection ? La vue; ironique en pareil contexte.
Des considérations purement chromatiques occupent mon esprit et guident mon regard.
Ne m’en veux pas, même si, souvent, moi aussi, je suis noir; je suis surtout pavlovien...
« Je ne fais que mon travail. »

D’ailleurs, dès qu’ils t’ont vue, là-haut, je l’ai su. Stimulus, oreillette.
Ta "cible démographique" abreuve l’industrie que je sers. 
Mais ton derme est bien trop sombre pour te couvrir de probité… et de mon silicone, et de mon onéreux BHT. 
Si sombre, ton derme, que mes portiques et mes caméras en sont rendus inopérants et mon élégance panoptique, caduque. 
Mon omniprésence en devient donc manifeste: la chasse est ouverte.

De vigile à garde d'un corps de préjugés que je charrie bien malgré moi, je t'emboîte le pas. 
« Je fais mon travail, bon sang !» 
La subtilité m'importe peu. 
Ton pied, mon pied et ta main, mon œil.

"Et puis, moi d'abord, j'ai un bodyguard rien que pour moi quand je fais du shopping"

Ton égo est froissé ? Je ne suis pourtant qu’une marionnette. 
D’en-haut des ordres pleuvent, dont je ne suis que l’exécutant. Je ne cesse de te le répéter : je ne fais que mon travail. 
Je vais où on me dit d’aller, suis qui on me dit de suivre. Je monte la garde.
La voix de mon maître ou plutôt son oreille docile.

Je te sens prête à lâcher une banalité, un aphorisme niais tranchant avec le cynisme ambiant.
Diviser pour mieux régner ? C’est bien pire, malheureuse !
Si c’est moi qui te suis, c’est pour que les préjugés dont je ne suis que l’instrument soient moins flagrants…

Je suis vigile et je n'ai jamais fait que mon travail.

"C'est bon, elle est sortie."


*sentence véridique lâchée par une femme, blanche, donc.


dimanche 11 août 2019

MA PLAYLIST A MOI: ETE 2019, FEMINISME DIVERGENT...


Cet été, plus que jamais, ma playlist est pleine à craquer, emplie de sons rythmés voire même,  enragés. Aussi, je vous épargnerai "Old Town Road", souhaitant également m'épargner. Cet article est un mashup de mes dernières obsessions musicales avec "Féminisme divergent", un article censé voir le jour à l'orée du printemps. C'était inespéré; c'est désormais chose faite, sous une forme différente et inattendue. J'en tirerais bien quelques conclusions philosophiques, mais voilà, le temps me manque... Et de la musique de grande qualité nous attend...

"Girl blunt" by Leikeli47

Leikeli47 est le paradoxe incarné: aussi paradoxal que de visiter, à quelques minutes de son propre anniversaire, le blog d'une personne dont on snobera les voeux de bon anniversaire le lendemain.
Un truc inclassable, un truc dingue, qui rafle, sans contredit,  la première place.



Une musique girly, avec pour décor des ambiances salon de beauté ou de patinoire où planent des effluves sucrées suffocantes et abordant des thèmes ultra féminins servis par une chanteuse parfaitement manucurée... et masquée.
Oui, masquée.

Un truc inclassable et dingue.

Cette musique, découverte il y a deux ans, au détour d'un podcast, m'a semblé évidente dès les premières notes.

Le cahier des charges était rempli: féminin, mais hors-normes, percutant, insolent, et nasillard de préférence.

D'où cette idée, ironique, de "féminisme divergent" qui constitue le fil rouge de ma playlist... et de mon été.

En plus, écouter "Girl Blunt", avec la gestuelle adéquate, me fait sourire, bien que la chanson aborde un thème bien différent de celui que je lui prête...

Air blunt pour fille sage. Toute une histoire.


"Pookie" by Aya Nakamura



Belle façon de résumer ces mois musicaux. Ce son est hautement addictif et ce qu'il représente est parfaitement jubilatoire: une musique et des paroles qui assument leurs origines, une façon d'être au monde sans édulcorant, ni besoin désespéré de se conformer à une norme questionnable.

Aya ne chante pas des comptines faussement provocatrices en braillant un féminisme caricatural.
Aya ne balance pas je ne sais quoi, Aya ne s'évertue pas à tout oublier et elle ne joue certainement pas les anges encanaillés non plus. Je me comprends.
C'est franc, c'est frais, on aime ou pas.
Inutile, au passage,  d'insulter sa propre intelligence en feignant de ne rien y comprendre.
Inutile aussi d'évoquer une vulgarité fantasmée quand, en réalité, une certaine féminité, ou une féminité certaine, dérange...

Ici, Aya dresse sans détour le portrait d'un(e) pookie. On en connaît tous: prompt(e) à s'adonner aux commérages et profondément sournois(e), ce personnage central de toute intrigue qui tourne mal, seumologue devant l'éternel "fait du sale", dans le dos, de préférence, et Aya se propose de lui tailler un costume, en usant de moult prouesses verbales, trempées dans un argot des plus savoureux (celui que certains feignent de ne pas comprendre...)

Comprenne qui voudra.




"Truth Hurts" by Lizzo

"I just took a DNA test. Turns out I'm a 100% that bitch. Even when I'm crying crazy. I got boy problems, that's the human in me. Bling bling and I solve the problem, that's the Goddess in me."

Voilà comment résumer Lizzo de façon concise. Divergente, hors normes et atypique: Lizzo, dont la carrière mainstream démarre à peine, à 31 ans, écrit elle-même ses textes mordants, elle fait de ses formes une force et joue de la flûte traversière en scandant son hip hop chanté et hystérique.

Comment ne pas succomber?




"iWalk Ye Phara" by DJ Maphorisa

Mes penchants afrophiles enflammés me poussent à explorer des univers musicaux plus familiers.

D'où le gqom.

Le gqom est un genre d'éléctro proche de la house venu d'Afrique du Sud et reprenant des sonorités traditionnelles africaines (gqom étant une onomatopée se référant au battement du tam-tam).
On est vite hypnotisé par ces rythmes à la fois minimalistes et hyperactifs.



"iWalk Ye Phara" est un featuring avec  notamment la chanteuse sud-africaine Moonchild Sanelly, dont le look vaut, en soi, le détour.
Le flow, n'en parlons pas!



"Act Up" by City Girls



Si vous n'avez jamais entendu parler des City Girls, il est temps vous inquiéter.

En août 2017, JT et Yung Miami (inutile de préciser leur ville d'origine... pratique...) fondent le groupe City Girls et obtiennent d'emblée  gloire et consécration via, notamment, les réseaux sociaux.

En juin 2018, à peine le temps de savourer ce triomphe, JT est incarcérée (pour fraude à la carte bancaire et usurpation d'identité). Comble de l'ironie, le jour même "In my feelings", sort. Prolepse involontaire; Drake se lamente: "JT, do you love me, are you riding? Say you'll never ever leave from beside me."

L'engouement du public ne fait alors que décupler.

JT et Yung Miami représentent le "féminisme divergent" dont il est ici question et qui s'est très certainement forgé une réputation pas très loin d'une barre de pole dance, dans un club peu recommendable et a été popularisé bien avant les City Girls par Lil Kim, Trina, Nicky Minaj et plus récement, Cardi B, à qui un article avait été consacré ici ("Le cas Cardi B"). Dans la même veine, Megan Thee Stallion aka "Hot Girl Meg" squatte aussi la playlist et son "Hot Girl Summer" est officiellement devenu un cliché estival... et verbal.

Les City Girls incarnent, en somme... une féminité à la fois exacerbée et virile. Pas mieux.
P e r i o d .


"Toast" by Koffee



J'ai découvert Koffee via M.I.A.
La boucle est bouclée.
C'est d'ailleurs ce dont il est question.
De gratitude: "Je remercie le Seigneur pour le chemin parcouru, pour ce que j'y ai gagné et pour les petits plus aussi. La gratitude est un must." Un hymne riddim positif à souhait servi par la plus mignonne des ratsafaris.

Le clip nous embarque, par ailleurs, dans les rues de sa ville natale: Spanish Town, en Jamaïque.


"The Gift" by Beyoncé

Comment parler de musique ici, sans évoquer Beyoncé..?
La bande originale du "Roi Lion", "The Gift", évoquée dans cet article, a été, ces dernières semaines, une mine de tubes: en témoigne l'enthousiasme qu'elle a suscité sur les réseaux sociaux.

Je ne sais pas vous, mais mes timelines sont littéralement colonisées par des vidéos mettant en image et en chorégraphie les diverses chansons qui composent l'album.
Un opus afrocentrique réunissant autour de Beyoncé les grands noms de la musique africaine et de la diaspora: Tiwa Savage, Wizkid, Saint Jhn, Yemi Alade, Burna Boy, Pharrell Williams, Oumou Sanagré, Childish Gambino, Kendrick Lamar, Major Lazer et même Blue Ivy.

Deux tubes ont retenu mon attention:

"Don't jealous me" (Sois pas jaloux), dont le son afrobeat est irrésistible (on esquisserait bien quelque spas de Gwara gwara) et le propos simple:
"Sheep don't run with lion. Snake don't swing with monkey. I can't talk for too long. Got too much gold to try on." (Les moutons ne courent pas avec les lions. Les serpents ne se balancent pas avec les singes. J'ai pa le temps d'en causer: j'ai bien trop d'or à essayer).





Enfin, "Brown Skin Girl", une ode à la beauté singulière de la femme noire.
On imagine des petites filles noires, nourries à cette ode puissante, et les limites qu'elles refuseront de se laisser fixer à l'avenir...
On imagine la puissance qui naîtra de cette génération, nourrie à l'affirmation de soi,  qu'aucun doute n'aura jamais étreinte.

On exulte.

Quand la divergence défie les normes imposées...





Et un bel été!


mercredi 7 août 2019

BOGOLAN, AU PREMIER RANG!



A l’heure où l’authenticité du wax est remise en question, le bogolan ou « Bògòlanfini » regagne ses lettres de noblesse.
Ce tissu, emblématique de la culture Mandingue (le Mali et sa sous-région) et dont le nom signifie en bambara « tissu (fini) avec (lan) de la terre / boue (bogo) » , est une toile en coton plutôt épaisse trempée dans un liquide à base de feuilles de bouleau d’Afrique et peinte avec de la boue fermentée, d’où son nom en anglais : « mudcloth ».

Blanc, marron, rouge ocre, noir ou même kaki, le bogolan est aujourd’hui beaucoup utilisé en décoration.







 Sources: YourambaAliexpress

Il s’agit pourtant d’un tissu sacré, dont les dessins varient selon la communauté qui le porte ou le message qu’il est censé transmettre (faits historiques, totems etc...).

Il était également utilisé par les chasseurs, équivalent africain de l’imprimé camouflage (ce serait d’ailleurs la véritable origine du tissu).

Enfin, son origine naturelle est censée convoquer des bienfaits et célébrer l’attachement du peuple qui le porte à la terre dont il est issu et à son pouvoir mystique.

Aujourd'hui, il semble peu à peu faire son entrée dans le milieu fermé de la mode mainstream, pour l'instant cantonné au rang d'accessoire, avec toutefois de belles perspectives...


Sources: Society6