https://www.facebook.com/greluchesetfanfreluches   https://twitter.com/greluches06   https://plus.google.com/u/0/110934735948668225351/posts   https://instagram.com/greluchesetfanfreluches   https://www.pinterest.com/greluches/   https://www.youtube.com/channel/UCyGVh1ISnyo_sSez25UVK7Q   https://www.bloglovin.com/blogs/greluches-et-fanfreluches-4446697   greluches06@gmail.com

jeudi 2 novembre 2017

LE CAS CARDI B


Je vous préviens: Nicki serait dans tous ses états.


Et il parait même qu'Azealia est au bord de la crise de nerfs et qu'elle crie au complot. Très original.

La preuve:

Elle qui a été aperçue dansant avec une conviction sans équivoque sur « Bodak Yellow ».


Elle qui n’a de cesse que d’exploiter l’esthétique justement incarnée par Cardi.
Sauf que Cardi ne fait pas semblant. 



On aime bien Azealia par ici, mais on doit dire que c'est moche. Très moche d'être jalouse.


Mais, d'abord, qui est Cardi au juste ?


Cardi parce que le surnom de sa sœur est Hennessy, alors Cardi a surenchéri : Cardi pour « Bacardi ». Vous voyez le genre...
Et le B? Eh bien, vous en ferez ce que vous voudrez, même si j'ai bien une idée.
Cardi est à Nicki ce que le Bacardi est au Hennessy
(faute d’avoir goûté à ces deux élixirs, je vous laisse juger de la pertinence de l’analogie).
A la carrière rigoureusement cartographiée de Minaj, Cardi oppose un récit fait de faux départs, de détours et de quelques savoureux "sens interdits", qui nous laissent :
1) admiratifs face à une telle opiniatreté dénuée d’orgueuil et de cynisme.
2) perplexes quant au fait que le parcours de la Minaj soit érigé en norme à l’aune de laquelle on juge de la respectabilité ou non d'une carrière dans le hip hop féminin d'ajourd'hui… Etrange.

Revenons au récit.
Cardi en a des choses à raconter.
D’abord la fable classique de l’enfance désoeuvrée dans un quartier difficile (Bronx), entre traditions caribéennes (Trinidad), culture dominicaine et petits boulots formateurs mais surtout nécessaires. Puis une fin de trajectoire fulgurante et inédite dans cette frange ténue du hip hop qui a le privilège d'accéder au mainstream : de strip-teaseuse à rapeuse.

La figure de la strip-teaseuse a pourtant toujours habité l'imaginaire hip hop et ses sous-genres, par ses caméos réguliers, au cours desquels ses admirables talents de danseuse ainsi que son indéniable esprit d’entreprise (avouez!) sont régulièrement célébrés en paroles et en actes.
Nicki n'y a pas échappé et Beyoncé non plus d'ailleurs.

Cependant, pour les amateurs de scripted reality noire (dont je suis ; ce n’est plus un secret), le strip et le hip se conjuguent à merveille.
La stripeuse n’était jusqu'alors qu’une vague évocation, que Cardi, par l’entremise de Nina Scott-Young (productrice de « Love and Hip Hop ») a métamorphosée en nouvel archétype du genre. Joseline Hernandez (à qui je faisais allusion ici), avait bien contribué à normaliser la profession. Mais Cardi a fait mieux : voler la vedette aux rappeurs auxquels elle n’était censée servir que d’accessoire, sous les spots blaffards des clubs réservés à ces messieurs ou sous les projecteurs blasés des plateaux de tournage où les stéréotypes façonnés par un système patriarcal tout puissant sont mis en lumière et reproduits sans scrupule depuis que le hip hop est hip hop… ou plutôt depuis qu’il est hip (ici, comprendre mainstream).

Cardi, c’est d 'abord un compte Instagram un peu pathétique, des tentatives maladroites de percer dans le milieu. Puis un tour grottesque fut donné bien malgré elle à son obstination: un trait forcé, une dose quasi létale d’autodérision, assortie d'une diction improbable, de facéties langagagières dont l'illustre "Wasshhhpoppin' " et d'un jargon donnant lieu à des citations toutes plus hilarantes les unes que les autres (voir ci-dessous). Cardi, qui claque les lèvres et tire la langue à tout propos, comme pour narguer ceux dont l'intérêt n'était au départ mû que par la raillerie, s’est construit un personnage irresistiblement attachant et a su ériger ses défauts (notamment dentaires) en armes de succès massif.
Elle s'est aussi empressée de les faire corriger une fois la gloire conquise; mais ça, c'est une autre histoire.

[Attention! Ne visionnez la vidéo suivante que si vous vous sentez parfaitement armé mentalement et si vous vous sentez capable de percevoir le second degré au ras des pâquerettes]


Quoi qu'on en pense, quatre BET Awards et plusieurs numéros 1 au Billboard plus tard, au-delà du succès matériel, c’est avant tout le respect qu’inspire le parcours de Cardi  : il s'agit bien là d'un cas caractérisé de « glow up » ou comment rebattre les cartes qui nous ont été distribuées pour parvenir à l’accomplissement de soi, quels que soient les obstacles rencontrés.

En espérant que ça dure.
(Pour nos oreilles, on est moins sûres...)

D’aucuns douteraient de la subtilité intellectuelle d’une Cardi. Je serais prête à parier sur la rapidité de certains à condamner un tel vide artistique, tombant dans le piège tendu par une Cardi qui ne se prend sans doute pas très au sérieux. Mais je demeure aussi convaincue qu'elle a, à sa façon, illustré le concept de résilience de manière bien originale et en témoigne de la façon la plus simpliste (et néanmoins la plus rafraichissante) qui soit, dans ses paroles :
« I don’t dance now. I make money moves. Said I don’t gotta dance I make money move”.

D'où le succès.
En reprenant le thème du self-made man prisé par ses clients et désormais confrères Cardi lui donne des accents de féminisme qu’on ne voudrait pas qualifier de « déviant » mais qui offre en tout cas une alternative salutaire aux poncifs du genre,: ils exhalent de nos jours, il faut le dire, des effluves de naphtaline...

-

 “If a girl have beef with me, she gon’ have beef with me forever.”

 “I’m sorry I ain’t proper and shit. My hair proper though.”


“When you put my shhmoney on jeopardy, now we got a problem.”

“I’m just a regular degular shmegular girl from the Bronx.”

“B**** I’m a human just like you. I like chicken with BBQ sauce just like you.”

“If I were elected President of the United States, I would allow food stamps to get McDonalds.”

“Ever since I took that etiquette class, all I wanna do now is white people activities.”

 “I put n***** to sleep like Jigglypuff.”


 “I got enough bras you ain’t gotta support me”

 "Same lips that be talking bout me, be the same lips that's ass kissing"


 "Stop thinking these nikkas only want your pussy...they also want your money too !!"


-

Et davantage encore sur le compte Twitter de Cardi B.

dimanche 20 août 2017

OB-SESSION IX*

(by Fal-bla-bla)

* Une image qui tourne en boucle dans nos têtes



Ces bracelets sont des diarra et ils m'obsedent. J'en veux une pile. 


These are diarra bracelets and I am currently obsesssed. I want a whole stack of them. 

SEWING STORIES (I)





I do a double take on a couple of occasions. I spend a great deal of my days gaping at the gorgeous outfits cut into waxprint fabric. 
Awkward, I know. 😳

 But I also gaze at the many sewing machines I encounter in tailors' craft shops. I ask questions, wonder about their functioning. 

This outdated sewing machine is a savvy (and daring) crossover between Brother and Bernina and is owned by a Mauritanian tailor who specializes in the making of melfeu (or melehfa), a traditional Mauritanian wrap dress, sari-style. 

What struck me was the bobbin holder. No thread to be seen, but a stack of reels from which the thread goes into the machine. Still wondering why...🤔

HISTOIRES DE MACHINE (I)





Je me retourne systématiquement à deux ou trois occasions. Je passe une grande partie de ma journée ébahie à la vue des somptueuses toilettes confectionnées dans du wax. C'est gênant, je sais. 😳

 Mais je m'attarde aussi sur les nombreuses machines que je croise dans l'antre des tailleurs. Je pose des questions, m'interroge quant à leur fonctionnement. 

Cet antique modèle, croisement astucieux (et audacieux) entre Brother et Bernina, appartient à un tailleur mauritanien dont la spécialité est le melfeu (ou melehfa), une robe traditionnelle mauritanienne qui enveloppe le corps, à la manière du sari indien. 

Ce qui m'a frappée, c'est le porte-bobine. Point de bobine en vue, mais une pile de canettes d'où part le fil. Je m'interroge encore.🤔

jeudi 17 août 2017

UN DIMANCHE À DAKAR





C'est ville morte. 

Le ratio locaux / expats est à son plus bas. Les trottoirs, débarrassés de leur 4x4 et autres berlines rutilantes affublés de chauffeurs en livrée patients et réactifs aux moindres caprices de leurs passagers, sont redevenues praticables. Les gestes sont lents et le ballet des voitures reduit à son minimum. 
Seuls les vigiles maintiennent un semblant de normalité: armes et détecteurs de métaux aux faux airs de matraques en main, ils montent la garde et affichent des mines patibulaires surjouées. 

On entre à Casino, que l'on appellera éternellement Score et dont les rayons sont rangés avec une rigueur soviétique qui fait froid dans le dos en même temps qu'elle rassure. On se demande encore ce que font ces filles, t-shirt bleu au dos, debout entre les rayons et prêtes à servir, rompant avec la tradition de l'impersonnalité qui fait loi dans le Casino du coin, quelque part en France. Idem pour ces garçons, affublés de t-shirts verts, qui emballent et portent à la caisse.

On sort, en veillant à anticiper le choc thermique imposé par l'omniprésence de la climatisation. On ne sait que préférer: l'authentique chaleur qui enveloppe les corps d'une moiteur douillette ou l'âpreté de l'air artificiel qui offre quelques instants de répit.

Le ratio véhicule particulier / taxi quant à lui demeure en faveur des derniers, dont les piallements incessants signalent aux alentours les potentiels clients, leur signifiant au passage qu'ils ne sont pas censés déambuler ici insouciamment et les renvoyant ainsi à leur rang, réel ou imaginé. Racolage actif, cautionné par une rue complice, feignant l'indifférence, et dont les regards appuyés  deviennent vite furtifs. 



La place de l'indépendance confirme le caractère sacré de cette journée. Vendeurs ambulants et prospecteurs en tout genre ont déserté les lieux et un calme semblant précaire règne sur le talus bordé de trottoirs où dégoulinent ça et la les climatisations en surchauffe.

On aborde le Palais Présidentiel. Un chemin jadis parcouru avec une normalité qui nous paraît désormais incompréhensible. La garde veille, armes au poing et œil aux aguets. On lâche, avec l'inconscience affectée du touriste "Je pense que je vais prendre une vidéo". Une ombre longiligne bleu marine coiffée d'un béret rouge rétorque, cinglant et sans facétie, une phrase simple et pourtant empreinte d'une certaine fantaisie: "C'est interdit". Le palais du peuple construit pour que ce dernier y voie le symbole d'une identité nationale longtemps bafouée se refuserait donc aux appareils photos et caméras admiratives de son immaculée blancheur, certainement préservée aux dépens de celle des façades alentour. 

On avance.

On se restaure et décrète sans nulle hésitation qu'ici le pain au chocolat (Ah? Chocolatine? Passons) a un goût de vrai, qu'on avait presqu'oublié: le feuilleté de la pâte cède sous les doigts pressés et la garniture aux arômes authentiques s'y infiltre généreusement, imprégnant papilles et phalanges une partie de la matinée. Sur ces constations qui se répéteront à maintes occasions et pour divers mets, le parcours se poursuit à bon train.


On perçoit au loin un bâtiment jaune et une porte noire en fer forgé laqué. Celle que l'on franchissait tous les matins avec le sentiment du devoir à accomplir. Celle qu'ont franchie des générations de toutes origines aux carrières et aux personnalités toutes pus remarquables les unes que les autres. Celle de l'Institution Sainte Jeanne d'Arc, qui cache sous des dehors plutôt austères un microcosme à la synergie difficilement reproductible sous d'autres latitudes et en d'autres contextes. Un bien charmant syncrétisme. Celle derrière laquelle on cohabite, en bonne intelligence, dans une atmosphere de franche (et parfois rude) camaraderie, sous le regard sévère mais bienveillant d'une mère supérieure faisant figure de légende aux yeux de ses ouailles plus ou moins rétives à l'autorité. On appelle cela "vivre ensemble", paraît-il, mais tout cela se faisait si naturellement de l'autre côté de cette porte...


Alors, ce dimanche à Dakar prend des airs de pèlerinage en enfance: du marché Kermel, qui a quelque peu perdu de sa superbe mais dont le passé majestueux se devine à la courbe parfaite de son arche à l'horloge anachronique, à la Place de l'indépendance dont on foule les gravillons avec l'entrain d'antan.

Dakar, un dimanche comme les autres. Ou presque. Ce qui devait être changé n'ayant (sic) été changé. Ou l'inverse.