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lundi 6 août 2018

D.I.Y. (IX): SHORT DE PYJAMA EN TISSU AFRICAIN WAX


Et un short de pyjama en wax, un!

Si comme moi, pour vous le short de pyjama est de rigueur même au cœur de l’hiver et que pour vous aussi, le wax, c’est la vie, il était temps que le short de pyjama en wax fasse son entrée dans votre dressing nocturne. Car oui,  la greluche est fashion, même au saut du lit, et son bas de pyjama ne saurait déroger à cette règle!





Ce tutoriel détaillé à souhait (sept heures d’exportation, huit pour la mise en ligne et pas une de moins...) vous permettra de vous confectionner un pyjama sur mesure pour que vos rêves deviennent réalité.
Ou presque.




J’espère qu’il vous sera utile et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures de couture.

En attendant, et si vous êtes nouvelle par ici, voici les tutos précédents:

vendredi 11 mai 2018

PORTER MAISON CHÂTEAU ROUGE x MONOPRIX... ET PROCRASTINER UN PEU AUSSI.



Cet article, en partie analeptique, aurait dû être écrit il y a longtemps déjà et appartient de fait à mon stock inépuisable de projets inachevés. La faute à mon penchant prononcé pour la procrastination, qui n’est après tout qu’un symptôme d’un perfectionnisme maladif. 
Me voilà rassurée. Et vous aussi, du coup.


C’était en 2015, et pour tout vous dire, je ne saurais trop expliquer comment j’ai atterri sur le site de la marque parisienne. Mon obsession pour le wax commençait à prendre de la place et j’ignorais alors que j’allais me lancer dans la couture pour que de passion, elle se mue en état d’esprit. 

Maison Château Rouge fut une belle entrée en matière. 





Rarement minimalisme ne m’avait semblé aussi pléthorique: une infinité de tops (à l'époque) dont la variété chromatique suffisait à nourrir mon nouvel appétit textile et que je décidai de découvrir en personne, à la rue Myrha dans le 18ème, ignorant qu’à cette époque-là déjà, les pièces Maison Château Rouge s’arrachaient comme des petits pains et qu'il y avait urgence.




Le siège de la Maison, une œuvre en soi, valait bien le détour, tant il illustre à merveille le paradoxe qui fait tout le charme de la marque. Si « Maison » dégage des accents de luxe, « Château Rouge » sonne quant à lui comme un hommage au quartier dans lequel l’entreprise est implantée: une bulle d’Afrique greffée dans Paris, où la  greluche nostalgique de sa terre natale, se plait à flâner au milieu des marchands affables et affairés et des échoppes dégueulant leur marchandise sur des trottoirs bondés, que d’aucuns qualifieraient de pittoresques mais qu'elle trouve tout simplement authentiques. C’est ce charmant syncrétisme que la marque, qui est aussi une association créée par Youssouf et sa clique, célèbre en sollicitant les artisans locaux dont les talents subliment des tissus chamarrés, eux aussi fournis par les commerçants du quartier. Acheter MCR, c'est aussi une bonne action. J'aimais également qu'il faille s'aventurer dans ces faubourgs délaissés pour goûter aux nouvelles tendances et que ces tendances se présentent justement sous la forme de tops flanqués du nom d'un quartier populaire encore stigmatisé.  








Depuis, MCR, qui n’en était déjà plus à ses balbutiements, a fait du chemin: la gamme s’est étoffée et de collaboration en collaboration (Google, Merci Paris, Le Bon Marché), elle a su se faire un nom.


































Et ultime consécration: MCR a proposé il y a peu une collection capsule chez Monoprix, sur laquelle je me suis évidemment jetée dès sa mise en ligne et dont le succès est éloquent!



dimanche 6 mai 2018

DE LA TENUE ! (I) * : LA COMBINAISON FLEURIE


* "de vestibus", ou l'art hasardeux de ratiociner en vain, pour la bagatelle!
[ "Vaines bagatelles qu'ils semblent être, les vêtements (...) changent notre vision du monde et le point de vue du monde sur nous." - Virginia Woolf ]

Combinaison Miss Selfridge disponible sur ASOS


Tu sors de chez toi. Tu rases les murs. Il est 9h33, samedi. 

Tu as rendez-vous chez la coiffeuse. 
Autrement, tu serais au fond de ton lit, profondément endormie ou entre limbes et éveil, à l’écoute d’un podcast ou des errements de ta pensée dispersée; les deux options étant souvent congruentes. 

Et typiquement, quand tu as rendez-vous chez la coiffeuse tu oscilles entre deux extrêmes: l’envie de te mettre sur ton trente-et-un (anticipation d’une coiffure que tu espères réussie) et celle d’escamoter la partie supérieure de ton anatomie. 

En gros, ce jour-là, tu t’affubles d’un couvre-chef et de ta tenue préférée du moment.

Ton accoutrement est original, c’est le moins que l’on puisse dire.

Et plus original encore: voilà deux jours que tu stresses, à l’idée d’avoir l’air ridicule, d’en faire trop, ce qui est un comble pour qui a sans cesse la conviction de ne pas en faire assez...

Aujourd’hui, c'est chapeau melon et tu t’es glissée dans une combinaison à la fois moulante et évasée. Longueur midi, col chemise que tu as longtemps hésité à boutonner entièrement mais que tu as ouvert sur un coup de tête il y a deux semaines, la première fois que tu l’as portée. Elle habille ton dressing depuis quatre mois déjà, ta combi, et c’est la deuxième fois que tu la mets. Il faut dire qu'elle est couverte de fleurs; un imprimé kimono pas très discret. Et en bas, ce sera Converse pour confirmer le parti-pris japonisant.




Pause.

D'emblée, tu penches pour le quolibet et dégaines sans tarder le classique resting bitch face; moue dédaigneuse et regard faussement indifférent.

« Superbe! »

ajoute-t-on, comme pour lever toute ambiguïté.

Sans la moindre transition, tu sens la vexation poindre. 
Vexée que l’on complimente cette tenue pétrie d'heureux hasards, alors que d’ordinaire tes toilettes les plus maîtrisées te semblent passer inaperçues. 


Pour finir, le regret t’étreint, à mesure que les regards appuyés et approbateurs se multiplient : cette œuvre d’art que tu portes, apparemment, est de fait éphémère; amenée à être tronquée une fois que ta coiffeuse aura remis un peu d’ordre dans ta tête. Ton chapeau, clé de voûte de cet heureux carambolage textile, devra hélas, dans quelques minutes, tirer sa révérence.


Alors, tu poursuis ton chemin, en te disant que tu aurais tout de même pu le remercier, ce monsieur, mué sur ce passage piéton et à son insu, en critique de mode sentencieux.

Tu apprendras quelques minutes plus tard, que la coiffeuse est en retard et que ton exploit connaîtra un sursit inespéré...


mardi 24 avril 2018

TUESDAY TUNE (V) : "NICE FOR WHAT" by DRAKE


Je me préparais un matin, le doigt entre le sèche-cheveux, le tube de mascara et le pavé tactile de mon ordi.

YouTube suggérait alors je consentis, comme souvent d'ailleurs.



Me voilà, à 6h37 et des poussières, m'enjaillant sans retenue et exultant à la vue de cette ode à la femme noire, plus quelques quotas.

Un panthéon de féminité qui ne s'excuse pas s'offrait à mes yeux et permettez que j'en fasse l'article juste pour le plaisir:



Les actrices Yara Shahidi et Tracee Ellis Ross (la fille de Diana) de "Blackish":




Le mannequin britannique Jourdan Dunn:

 



la ballerine afro-américaine Misty Copeland:





L'actrice Rashida Jones (la fille de Quincy et de "The Office"... et de "Parks and Recreation"):




L'humoriste afro-américaine Tiffany Haddish (hilarante, je sais):

 



La scénariste / actrice afro-américaine et sénégalaise Issa Rae (Diop) ("Insecure"):





L'actrice wakandaise... euh... britannique Letitia Wright ("Black Panther"):






Les somptueuses latinas Michelle Rodriguez ("Lost")  et Zoe Saldana:





Le MC Syd The Kid ("The Internet"):




L'exultation fut aussi sonore: un sample du "Ex Factor" de Lauryn Hill, une de mes obsessions du moment (voir article),  ad libitum, fait office de liant et squatte l'arrière-plan.


Enfin, peut-on omettre l'allusion en mots et en rythme à Freedia, reine de la bounce, icône transgenre et ultime emblème de cette fémininité qui ne s'excuse pas?
"Nice for what" emprunte en effet son beat épileptique à ce sous-genre du hip hop né à la Nouvelle Orléans (à qui, je vous le rappelle Beyoncé a rendu hommage à travers "Formation" et dont je vous parlais ici).
On ne peut s'empêcher de se dire Freedia, dont la voix ponctue le titre de Drake, va vraiment finir par prendre la grosse tête, et que ça ne va pas être beau à voir...

(au passage, j'aurais aimé vous instruire davantage sur la bounce, mais ne souhaitant pas choquer les âmes (trop) sensibles, je vous laisse faire vos recherches sur YouTube, tous seuls, comme des grands... Dommage, ça aurait pu être fun tout plein! Foutues âmes (trop) sensibles! ^^)


Le propos, quant à lui, est simple, mais il fallait qu'il fût réitéré:
dans "Nice for what", Drake évoque les combats quotidiens de femmes, fières et puissantes qui ne doivent leur succès qu'à elles-mêmes, oeuvrent ("workin' hard girl, everything paid for") et se construisent leur propre "mini" empire en dépit des détours qu'emprunte leur vie ("I've been peepin' on what you bringin' to the table", "you got a baby Benz"). Il leur rappelle qu'elles n'ont par conséquent nul besoin de porter le masque de la mièvrerie (ou de la gentillesse affectée, si vous préférez) qui incombe hélas trop souvent à la gent féminine (d'où le titre: " 'Gentille', pourquoi, au juste?").
Il célèbre surtout leur authenticité ("that's a real one in your reflection"), leur mépris des faux-semblants mais aussi leur sentiment d'insécurité ("with your phone out, gotta hit them angles... And you showin' off, but it's alright...")


Bref, Drake est féministe (mais ça, on le savait déjà; cf. "Girls love Beyonce" , "Make Me Proud", et tant d'autres, haha) et je crois bien qu'on tient là un hymne estival, le "Formation" de l'été '18.


samedi 6 janvier 2018

LES CINQ TRUCS QUE LES GRELUCHES ONT APPRIS EN 2017


La grande leçon de 2017, c'est qu'on n'a pas assez écrit.

Alors, comme en 2016, on fait le bilan et on se fait pardonner avec un article fleuve récapitulant les enseignements que nous avons tirés de ces douze mos passés à procrastiner.

C'est parti!

Leçon 1: Rihanna, présidente!

Pas de panique, Beyoncé n'est pas sur le point d'être détrônée.


Il y a les reines, et puis il y a les princesses. 

Et Rihanna, c'est une sacrée princesse.

(la preuve ici - et notre tout premier article en prime! ^^)

Il était une fois, quand Beyoncé mangeait à tous les râteliers (et nous aussi d'ailleurs) et qu'elle faisait de la musique bien comme il faut pour gens bien comme il faut, est apparue une fille qui avait le don de m'énerver: elle chantait "Pon de Replay" (pastiche médiocre de sons riddim arrangés), portait un jean bien trop large et surtout, surtout, elle affirmait être l'archétype de la beauté féminine ("la femme parfaite", si je me souviens bien), alors sans autre forme de procès, je l'ai nextée

J'ai bien vite retourné ma veste. Je suis une greluche et j'ai besoin d'options, alors mes vestes sont réversibles, ne vous en déplaise. Un parapluie, une coupe désormais iconique et l'intervention salutaire d'un Jay-Z finirent par me convaincre. 
A l'écouter parler d'autre chose que de sa fascinante beauté, on a vite compris que cette fille était là pour durer. Elle rafraichissait par son ostensible manque de contrôle et par son acharnement à vivre sa vie comme elle l'entendait et pas autrement. 

Et puis un matin, on se réveille, on lance machinalement Instagram et on tombe sur le teasing de l'année 2017:
 

On en avait rêvé. Enfin, nous autres les WOC, à qui on réserve trois teintes de fond de teint ou de rouge à lèvres dans les gammes mainstream de maquillage. Trois teintes, sachant que s'il ne devait y avoir qu'une seule fille sur cette planète qui refuserait catégoriquement de se montrer au monde ne serait-ce que pour aller acheter sa baguette de pain au coin de la rue sans passer par un minimum de mise en scène esthétique, eh bien, elle serait WOC* à coup sûr...

Alors, que nous dit Riri quand elle crée sa propre ligne de maquillage? Elle nous dit: "Je vous ai comprises!" (comme dirait l'autre). Elle nous rappelle aussi qu'elle est humaine comme nous. Elle trompète sans crainte de déranger les fétichistes de la norme: "Moi aussi, je suis une WOC* et on n'est mieux servi que par soi-même!", avant de fanfaronner "Tous aux abris! J'arrive!". 
Et tous tremblèrent.
M'enfin, voyons, une quinzaine de teintes pour WOC*, qui dit mieux?
Pas même MAC (qui nous a pourtant rendu beaucoup de services, nous autres WOC*, et avec qui elle avait créé le fameux "Riri Woo" que toute modeuse qui se respecte a en sa possession).


*WOC = Woman Of Color = femme "de couleur" = pas dans la "norme" = toc en termes purement marketing (et en marketing seulement)


Ceci dit, je vous préviens: seules les grandes filles pourront jouer avec les fonds de teint Fenty. Pour avoir swatché quelques teintes, je peux vous dire que la couvrance est optimale et le fini mat. Alors, j'ai beau faire ma belle mais je reste sur mon classique MAC, faible couvrance et hydratant, juste suffisant pour illuminer sans effet voiture volée, si vous voyez ce que je veux dire.

Pour toutes les autres, il y a pléthore de blushes et autres highlighters ("Trophy Wife" est too much à mon avis, sauf si vous êtes YouTubeuse ou star d'Instagram et que vous aimez briller de mille feux). 


Et le lendemain de Noël, un miracle s'est produit: Riri nous a pondu 14 teintes de rouges à lèvres baptisés "Mattemoiselle", qui ne feront pas office de piètres pis-aller pour la WOC de base.
Un rêve devenu réalité!

 

Enfin, deux autres points importants: le packaging est ravissant à souhait et la nomenclature pleine d'esprit! 
Deux raisons supplémentaires de faire du casse de Riri, la plus belle leçon de 2017! 




Leçon 2: C'était mieux avant.

Et d'ailleurs le petit retour des seventies et du look preppy m'enchante grandement. Les robes à fleurs mi-mollet éveillent chez moi un intérêt quasi obsessionnel et rien que pour ça, j'envisage les talons comme une option plausible dans mon shoesing. L'heure est grave, donc. Le tartan et le prince de Galles (pas Harry... quoique, de nos jours, qui sait? ^^) me séduisent tout autant et emplissent mes placards d'un swag tout à fait anachronique, qui couplé avec mes baskets font battre mon petit coeur de modeuse éprise de contradictions contrastes.

 
Source: Olivia Emily  


Source: Vogue

C'était aussi mieux avant parce que la musique de 2017 m'a laissée indifférente. 

Il y a eu des incontournables bien sûr; Kendrick  a fait le travail, Pharrell un retour fracassant (j'en parlerai bientôt, même s'il est certainement trop tard), SZA un tabac et Beyoncé une sorte de rétention musicale insupportable (je veux ma dose, il est temps qu'elle sorte un album, bon sang!) 


Alors, oui, j'ai boudé les charts

Mais ma vie sans musique est un calvaire. Il a bien fallu que je m'abreuve à d'autres sources. 

A battuta, des airs 80's sont un jour parvenus à mes oreilles, un truc familier qui ravivait de doux souvenirs d'enfance et la voix de Sade brisa cette interminable traversée du désert musical. 



La classe sans effort de Sade. Le charmant minois de Sade. Le mystère captivant de Sade. 




Le pull de Sade.



Je l'ai arboré la mi-saison venue et me suis appliquée à décréter "C’est Sade!" à chaque fois qu’un compliment m'était adressé. L'envie de me lancer dans une tirade écœurante d'éloges démesurés s'est souvent saisie de moi mais, à part vous et quelques autres privilégiés, je n'aime pas beaucoup ennuyer les personnes à qui je m'adresse.
Alors, une idée a germé, convoquer les mélodies d'antan, revisiter les classiques. Au hashtag #monthofsade a succédé #monthoflauryn  . Lauryn Hill et sa liturgie rastafari, pour le mois de novembre. Pause en décembre pour des raisons évidentes. Et je vous l'annonce, janvier sera #monthoferykah . L'intimidante et charismatique Erykah Badu. Nous verrons bien.
Pour l’instant, mes voyages musicaux se cantonnent à des époques familières, mais je compte pousser l'exploration plus loin. Et je m'en tiens à des femmes noires puissantes. 
Mais rien n'est dit et je vous tiendrai au courant.




Leçon 3: Facebook, c'est ratchet.com

Oui, je l'ai dit et je le répète: Facebook, c'est ratchet.com

Je vous parlais de ma Phone Detox ici il y a peu et j’en applique désormais les principes à Facebook. 
Il n’y a franchement rien de bien profond dans le fait de décréter du jour au lendemain que Facebook est ratchet. Juste que je n’en vois plus trop l’intérêt, au quotidien du moins. 
Ne vous méprenez pas, je comprends tout à fait que l’on partage les grands événements de sa vie sur Facebook, ou même qu’on se fende de temps en temps d’une remarque qui sonne bien ou qu'on y interagisse régulièrement avec son prochain, surtout s'il est loin. 
Prendre des nouvelles, partager sa musique sur Facebook ou encore promouvoir son activité ? Grand bien te fasse.
Mais ça, c'était avant. Et Facebook, c'était bien avant.

Non, le problème est autre.

 


Les aléas de l'actualité aidant, nombre de nos congénaires perçoivent de nos jours Facebook comme une sorte de café du commerce 2.0 dans lequel on déverse ses états d’âme sans retenue, et par le truchement duquel chacun d’entre nous, quel que soit son degré de légitimité ou de compétence, peut se muer en un clic en expert politique, en spécialiste de l'ontologie contemplative ou en chantre de l’intériorité (paradoxalement exteriorisée au possible).
Qu'ils fassent donc comme nous: qu'ils ouvrent un blog. Lira qui voudra...
 
Vous l'ignorez peut-être, mais lorsque quelque chose me turlupine, je m'efface sur la pointe des pieds sans mot dire, sans déranger.

Bref, sans même le faire exprès, j’ai ghosté Facebook en 2017.

Cet harakiri virtuel génère bien malgré moi une série de malentendus croustillants : non, je n’ai pas omis de te souhaiter ton anniversaire ; je ne suis pas sur Facebook . Ta photo de profil, je ne l’ai pas likée, parce que je ne suis pas sur Facebook. T’as déménagé ? Je ne le savais pas : je ne suis pas sur Facebook.
 
T’es vexé(e) ? 
CQFD. 
Facebook, c'est ratchet.com 



Leçon 4: Trop de choix tue le choix.

Et tout ça c'est encore la faute du net.

Déjà, l'augmention du nombre de caractères et la possibilité de créer des threads sur Twitter, l’extension digitale de mon cerveau désormais en voie de "facebookisation", m'avaient fortement perturbée cette année. 
Car plus il ya de choix, plus mon cerveau s’embrouille
.
Il en fut de même pour le shopping en ligne. J’en avais fait une priorité en 2017. Pas une pièce achetée en magasin pendant 11 mois. Des heures passées sur les sites de mes enseignes favorites et des paniers remplis à ras-bord, avec l’illusion que le choix permettait un tri qui assurait lui-même une pertinence vestimentaire imparable. Mais cet embrouillamini bien plus digital que textile induisit quelques savoureuses méprises : des robes trop courtes (si vous mesurez plus d’1m75, vous me comprendrez), des matières d’un cheap à peine soutenable, qu’on aurait promptement disqualifiées en magasin ou encore des coloris non conformes aux doux rêves nourris par une inspection soigneuse d’une pièce, parfois mise en mouvement par un mannequin enthousiaste de chez ASOS par exemple. 



Alors, j’en revins au traditionnel offline shopping. Se rendre en magasin, sans idée précise de ce que l’on cherche et se laisser porter par l’envie du moment, avec toutefois une idée préconstruite de ce que les canons de la tendance imposent. Réserver le shopping en ligne aux basiques ou aux pièces originales que nul magasin alentour ne proposait. Voilà donc la parfaite alchimie pour un shopping réussi. Testez-la donc et tenez moi au courent !




Leçon 5 : Il y a des porcs là-dehors.

Être un porc en 2017 fut une tendance incontournable. Il fallait absolument affirmer sa puissance et brandir ses privilèges patriarcaux entre autres, à défaut de brandir autre chose.

Certains en ont même fait un art.
Tenez, Jay Z.
On l'aime bien Jay Z, mais il faut dire qu'il a un sacré toupet. 2017 fut l'année du jackpot pour Jigga, sans punchline, ni flow. La prouesse de Jay Z en 2017? Avouer. Une sorte d'auto-snitching plein de faux bons sentiments et, il faut le dire, assez écoeurant. Beyoncé avait bien évoqué ici et là l'infidélité notoire d'Hov, mais parce qu'elle est elle et qu'elle est parfaite, ce fut fait avec élégance et subtilité. D'aucuns ont vu le nouvel opus de Jay-Z comme un acte de bravoure, l'occasion de parler des choses qui fâchent et peut-être aussi de brûler une idole par l'entremise de celui qu'elle a choisi d'aimer.
Mais nous, on n'est pas comme ça: on s'insurge! Car enfin, aller à confesse en public et intituler ce mea culpa médiatique 4:44 (sachant que 4 est le chiffre fétiche de Beyoncé, et le mien aussi, ce qui m'irrite d'autant plus), c'est l'humilier un peu plus, au vu et au su de tous et détruire la réputation immaculée qu'elle a mis tant d'années à se forger.

Alors, ici, on a boudé 4:44 et décidé d'en réserver l'écoute à plus tard. Quand on aura cuvé. 


On appris d'autres choses en 2017, mais je sens que vous allez me détester (si ce n'est déjà le cas ^^). 

1, 2, 3, allez, je me lance.

En 2017 on a feint d'apprendre que les violences faites aux femmes étaient une réalité. On a aussi appris qu'il y avait des porcs parmi nous. Et qu'il fallait les balancer. L'hallali virtuel, en français du moins, fut sonné et il nous a éloignés selon moi de la genèse du mouvement #metoo : un appel, certes, mais aussi et surtout un appel à la solidarité féminine, à la solidarité tout court et une initiative qui force le respect puisqu'elle aura permis de libérer la parole. 

Mais quelle parole au juste, pour qui sait que ce combat, et ses corollaires, est mené dans l'ombre depuis des années sans susciter une telle indignation et que les piliers du mouvement ne ressemblent en rien aux femmes mises en avant par le très médiatique hashtag #metoo ?
 
Observons la une de Time Magazine.



Taylor Swift consacrée "personne de l'année". 
Un sentiment de déjà vu nous gagne et on aurait bien appelé Kanye West à la rescousse mais il paraît qu'il est occupé ailleurs...




Blague à part, que nous dit cette une? Que l'initiative a été en quelque sorte dévoyée en bout de piste, qu'elle n'a pas été assez inclusive, qu'elle n'a concerné qu'une poignée de femmes et enfin que ce hashtag censé dénoncer les privilèges (patriarcaux) des uns révèle aussi ceux (sociaux et économiques) des autres. Et puis comment, quand on s'appelle Taylor Swift par exemple, s'indigner à coup de #metoo et dans le même temps dédaigner l'appel à la solidarité du mouvement #blacklivesmatter qui est fondé sur les mêmes principes et dénonce lui aussi injustice, opression systémique et abus de pouvoir. Elle qui sait si bien garder le silence face aux débordements racistes de ses fans saurait sûrement très bien l'expliquer...
 
En 2017, les indignations furent donc sélectives. Pour changer. 

Mais ne vous méprenez pas, je considère le mouvement #metoo comme une belle initiative qui a permis d'engager une réflexion sur une question tabou. Je souhaite simplement que ce simple hashtag qui tient en deux mots suffise à résoudre la vaste question des droits des femmes, de toutes les femmes; une question qui ne saurait se résumer au harcèlement sexuel. Violences domestiques, mariages forcés, mutilations: la liste est hélas longue et le combat aussi.