https://www.facebook.com/greluchesetfanfreluches   https://twitter.com/greluches06   https://plus.google.com/u/0/110934735948668225351/posts   https://instagram.com/greluchesetfanfreluches   https://www.pinterest.com/greluches/   https://www.youtube.com/channel/UCyGVh1ISnyo_sSez25UVK7Q   https://www.bloglovin.com/blogs/greluches-et-fanfreluches-4446697   greluches06@gmail.com

lundi 11 novembre 2013

GRUNGE RAGEUX vs GRUNGE MODEUX

(by Plume de boa)

Ou quand Plume de boa crache son venin.
 
Chaque année c’est la même histoire : on met du rock dans nos tenues. 
 
Et cet hiver, on n’y échappe pas et on se déguise en grunge. Remarquez, Halloween n'est pas loin, et ouhhh, un « grunge » c’est trop rebelle, ça ferait presque peur dites-donc ma bonne dame.
 
 
Bouh !
 
Si je suis habituellement le genre de personne « superficielle et fière de l’être » qui proclame que la mode doit s’affranchir des préjugés, il n’empêche qu’elle reflète tout de même une forme de convention. La convention vestimentaire. Or, quand on touche à quelque chose que j’aime bien, forcément, ça m’agace.
 
Ouhlala que je suis agacée.
 
Je passe sur le fait que le message même de la musique est complètement dévoyé au profit des impératifs de notre chère, si chère société de consommation. Parce qu’au fond, le problème n’est même pas là. Je comprends que la mode ait ses influences et qu’à chaque saison elle nous propose son lot de nouvelles tendances clairement inspirées des icônes du passé. Tout cela fait même partie de son prestige et explique notre fascination collective pour des petites merveilles telles que les converses, par exemple. Ce n’est pas une adepte du vintage qui vous dira le contraire. 
 
La vérité, c’est qu’au fond, le rock n’a plus rien à prouver, ça sonne un peu rebelle alors qu’il est somme toute bien ancré dans les mœurs. On peut donc le proposer et faire défiler les meilleurs «it» (avec ou sans « h », c’est vous qui voyez) dans le juke box de la mode : punk, rockabilly, grunge… A quoi bon se renouveler quand la bonne vieille ritournelle assure le spectacle et les recettes. Finalement on nous concocte un look pseudo transgressif et donc  forcément séduisant alors que le message est clairement de rentrer dans un moule fait sur mesure.
 
Cependant, même si je dois avouer que ça m’exaspère un peu que les créateurs de mode se croient subversifs et inventifs alors qu’ils nous resservent la même soupe de collections en collections, ce qui me chagrine réellement, c’est que c’est raté. Clairement.  
 
Les effets sont à côté de la plaque, le ton est faux, les silhouette des mannequins dans les vitrines me semblent une cacophonie. Ou disons plutôt que c’est justement là, dans la vitrine, que l’accoutrement est parfaitement à sa place : on nous montre une pâle caricature figée d’un mouvement passé et ça ne provoque rien. 
 
 
 

C’est donc cela, un grunge ?
 
Dans la pratique, pour cette saison Automne-Hiver 2013, on tente de se la jouer destroy et on file s’acheter une chemise à carreaux (Bon, je dois tout de même vous avouer que j’en possède moi-même plusieurs, mais j’en ai toujours eu, alors ça ne compte pas). La vague idée qui en ressort c’est qu’il faut se concocter une dégaine juste ce qu’il faut de « no future ». Attention toutefois à ne pas être trop littéral : il faut que ça reste glamour et sexy, aussi, on n’hésite pas à porter des minis shorts artificiellement élimés, des boots faussement vieillies et des accessoires en toc à 39,99 euros. Les Doc Martens redeviennent désirables pour l’occasion. Les collants à motifs sont les bienvenus et n’hésitons pas à enfoncer les portes ouvertes avec nos gros sabots, pourvus qu’il y ait des clous dessus. Sinon, si vous êtes riche, rien ne vous empêche de dépenser des milliers et des milliers d’euros en suivant les conseils des pages mode des magazines qui nous apprennent comment  être grunge en dépensant ses sous.
 
En fait, avec ces histoires de tendances musicales et autres inspirations ultra passagères, on touche pour moi à tout ce que la mode a d’inintéressant et de ridicule. Le prêt-à-porter dans ce qu’il a de plus bassement mercantiliste et contre inventif. 
 
Vous voulez être rock sans avoir l’air toc? Et bien écoutez-en, du rock, et le reste suivra. Jetez-vous au sol, vous trouerez vos collants, faites du air guitare, vous gagnerez en souplesse et vos cheveux auront plus de volume, partez en vadrouille dans les festivals, vous aurez la dégaine nonchalante du gars qui n’en a plus rien à faire de sentir la pissaladière sous les  bras après trois nuits à camper dans le champ miné de bouses du père Mathieu. 
 
Au fond, ce sont des CD –so 90’s- que nous devrions voir dans ces vitrines (et acheter nos fringues à la Fnac ???). 
 
Ce seront là mes seuls conseils mode sur le sujet. En clair : revenons-en à l’essentiel.

6 commentaires :

  1. Très juste ! Gloire à la subversion de Monoprix à tout prix. Ces looks rebelles sont tellement convenus et figés, c'est d'une tristesse sans nom. Je préfère écouter Mariah Carey et m'orner de bijoux achetés 1€ aux puces.

    Sylvie

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Exactement! Temps qu'on ne s'habille pas comme Mariah Carey... non je plaisante, l'important c'est justement de faire comme on veut, pas comme on dit!

      Supprimer
    2. C'est clair que pour aller faire les courses à Carrefour c'est dur à assumer ;)
      Pour le reste, la façon de s'habiller reflète pas mal ce que l'on est, oui souvent l'habit fait le moine, et il est en ça intéressant qu'à chaque nouvelle tenue, on incarne un nouveau rôle soutenu par le sien, et non dicté par une quelconque dictature, serait-elle "pas comme les autres".
      P.S. C'est toujours moi Sylvie mais avec mon autre blog :D

      Supprimer
    3. On adOre l'idée de rôle en mode par ici!

      Supprimer
  2. Pitié mesdames, jetez vos doc martens (en commençant par les jaunes et les rouges, l'effet clown fait trop de dégâts).
    Et les chapeaux mous façon nothomb aussi. Merci.
    Excellent papier aux propos qui font le plus grand bien. Le Rock pour moi c'était une forme de liberté, celle d'assortir une veste tendance borsalino et une paire de bottes avec une belle chemise Balafre de chez La redoute, mais surtout pas la panoplie uniformisée qu'il suffit d'endosser maintenant.
    Je suis tellement blasé de voir vieux beaux et jeunes loups se tirer la bourre à qui mieux mieux pour paraître le plus ridicule possible que cet été j'ai opté pour la provoc. Je me suis mis en short !
    Hugo

    RépondreSupprimer
  3. Merci pour l'article! Oser le short ça c'est rock' n' roll! Le bon delire en matière de mode c'est finalement de ne pas se la jouer trop sérieux pour sonner juste...

    RépondreSupprimer