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jeudi 3 janvier 2013

LE MYSTERE 39,99

By Plume de Boa

Chers amis,

En ces temps de fêtes et d’insouciance, c’est pourtant le front cerné de soucis que je m’adresse à vous. 

Et pour cause : au lieu de gouter aux innocentes joies des retrouvailles familiales et des dégustations de champagne, je me retrouve plus préoccupée qu’un écureuil affairé à préparer ses réserves pour l’hiver. L’écureuil justement… Parlons-en ! Le  temps est venu pour moi de vous révéler l’incroyable découverte que je fis en lisant –une fois n’est pas coutume- mon relevé de compte.

En effet, ce matin là, tandis que je décortiquais les débits successifs qui s’alignent avec une régularité maniaque sur la lettre de condoléance que m’envoie chaque mois mon cher banquier, je remarquais soudain qu’un chiffre revenait, encore et toujours, troublant, régulier, entêtant. Vertigineux. Ce chiffre c’était… 39,99 (euros) 

Et puis encore : 39,99 EUROS

Et encore :39,99 EUROS                                

Et puis : 39,99. EUROS.
 
TTC et ETC


Que signifiait cette succession de chiffres identiques qui gangrénaient mon (hypothétique) plan d’épargne logement ? Quelle incroyable secret se cachait sous cette suite au pouvoir financier destructeur ?

Si je n'ignore pas qu’une bonne partie de mes investissements s’opère tous les mois chez Zara et Asos (entre autres) en achat de matières premières, je découvrais ( avec stupeur) que le prix de ces dites matières était, à quelques exception près, toujours le même.

Le fameux : 39,99, donc.

Je m’interrogeais aussitôt sur ce curieux phénomène mathématique. Je cru un premier instant avoir découvert une nouvelle suite de Fibonnacci. Je me trompais (lourdement) et après bien des questionnements, je dressais un douloureux constat.

En effet, force m’était d’avouer qu’une consommatrice de mon acabit ne peut se résoudre à économiser pour acheter de la belle ouvrage vestimentaire, de celle dont la qualité assure une pérennité équivalente à l’expression sus-citée. « De la belle ouvrage » donc, comprenez : ce manteau griffé, cette paire de gants/ chaussures de qualité supérieure, ce pull en VRAI cachemire… Mes investissements à moi se font toujours à court terme, quasi l‘air de rien. J’entre dans une boutique sans idée préconçue et j’en ressors neuf fois sur dix avec un petit quelque chose bien au chaud dans son sac en plastique. Un petit pull par cher mais assorti à mon nouveau jean pas cher non plus, celui que j’avais acheté pour aller avec ma dernière paire de boots achetées en soldes. Parce ce qui compte à mes yeux ce n’est pas tellement la qualité, ce n’est même pas tant de porter mes nouvelles acquisitions… Non, l’objectif, c’est de posséder. Là voilà, c’est dit, c’est simple, je l’avoue.

Résultat des courses : mon banquier se meurt, ma famille me renie tandis que je me ruine ainsi à coup de 39,99 euros. Lorsque je quitterai ce mode, ma pierre tombale sera sûrement une étiquette géante avec ce tarif affiché pour toute épitaphe.

Cependant, si cette première analyse de ma dépendance aux fringues expliquait le total excessif de ces 39,99 multipliés avec frénésie, il ne révélait rien de leur nature même. Pourquoi 39,99 ? Après des études approfondies qui m’occupèrent sans relâche 15 jours et 15 nuits, je découvris enfin la clé du mystère.

Ce sont travaux que je me propose aujourd’hui de partager avec vous afin de déjouer, peut-être, le grand complot de la surconsommation vestimentaire*. Même si je n’en ai pas vraiment envie.

Que cache donc en réalité cette succession infinie de 39,99 ?

Soyez gentils et restez concentrés, je vous prie.

Il m’apparait judicieux de diviser l’horrible petit chiffre en 4 catégories :

Catégorie numéro 1 : les basiques

Comprenez par là l’ensemble des vêtements que les catalogues de mode nous ont imposés. Ainsi, nous sommes nombreuses à croire indispensable de posséder : un pantalon, une jupe, une robe, un pull NOIRS, une chemise blanche, un beau manteau, une veste en cuir, un trench coat, une paire de bottes style cavalière, une paire de ballerines, une paire de joggers de ville, une paire de talons, une écharpe de couleur « passe-partout », (car c’est bien connu, nous dépensons nos rentes dans l’espoir de passer partout plutôt que de nous démarquer) et une autre élégante, un beau pull en cachemire dans notre couleur, celle qui d’après les magazine flatte notre teint de nacre (ou ensoleillé selon la saison et selon photoshop).

Ces basiques là portent bien leur nom : ils font presque toujours le même prix : 39,99 euros. Ben oui, ils sont pas très finauds les basiques, faut leur simplifier la tâche.

Catégorie numéro 2 : la lingerie

On pourrait naïvement la classer dans la catégorie numéro 1. Erreur ! Grave erreur de néophyte. La lingerie basique, c’est celle des culottes en coton et des soutifs sans baleine d’étam et H&M. Celle que l’on porte tous les jours tout en craignant d’avoir à l’exhiber devant les pompiers si jamais on a un terrible accident. En effet, il ne fait pas l’ombre d’un doute que les braves soldats du feu viennent à notre secours dans l’unique objectif d’admirer nos dessous en coton ensanglantés. De même, la femme agonisante n’a qu’une idée en tête : cacher sa culotte à petits lapins.

 
 
 
 
 
 
 
 

Fin de l’aparté.

Toute femme sait en réalité que la lingerie vraiment belle, celle qui est vraiment en soie et en dentelle, avec les petits rubans et les jolis nœuds qui vont bien c’est minimum 39,99 le bas et 39,99X2 le haut.

CQFD. C’est mathématique. Catégorie suivante s’il vous plait.

Catégorie numéro 3 : les accessoires.

Là encore : merci les gourous de la mode qui sont parvenus à nous faire croire qu’ils sont « indispensables ». Très fort . Très très fort cette petite oxymore de style. Avec cette expression, l’air de rien, on a l’impression de faire de la littérature quand on s’achète sa douzième ceinture en coloris « néo aubergine».

Car la mode est pleine de « néo », terme bien pratique pour rendre attrayantes les mêmes coupes et les mêmes couleurs qui se succèdent  quasi dans l’ordre depuis la nuit des temps stylistiques. Nous apprenons ainsi que le gris est le nouveau noir, le bourgogne le nouveau rouge et le kaki le nouveau… marron. Mais ça ne s’arrête pas là : le gris peut se transformer en anthracite, le kaki en vert army et le violet en cardinal. Par ailleurs, le pantalon cigarette devient « straight »et le pat d’eph hérité de la période rebelle de tonton Eugène, contrôleur aux impôts, devient « flare ». Le phénomène rétinien s’exerce aussi sur les motifs : le léopard devient girafe, puis zèbre, puis tigre. Autant d’infinies nuances qui nous obligent à réinvestir chaque année dans la dernière tendance : le « neo pigeon ».

Dans la pratique, dès que l’on veut taper dans une ceinture en vrai cuir imitation serpent en coloris néo noir anthracite, je vous le donne dans le mille, paf ! c’est… 39,99 euros. Comme de par hasard, comme de bien entendu. A ce stade, on tient on truc et on ne plus parle de coïncidences.

Catégorie numéro 4 : le reste

En effet, une fois munies de vos basiques, de vos dessous de choc et de vos accessoires, il ne vous reste plus qu’à investir dans des pièces « fortes ». Ces dernières ont été crées afin de faire croire à la faschion victim qu’elle a du caractère alors qu’en vérité, elle mute en  mouton, dernier échelon dans la classification de la bête de mode. Le mouton, alias celui qui s’achète un pull en laine alors que bon, c’est pas franchement nécessaire. Tout le reste, donc. Les bottes en sky blanc, la chemise col à paillettes ou encore le sac en peau de yack. L’idée, c’est de ne ressembler (à rien) à personne ! Il faut s’imposer, marquer de son empreinte la faschion sphère. L’avantage, c’est que ces pièces peuvent se dénicher un peu partout, pour qui sait bien –ou s’obstine- à chercher. Dans les fripes, au rayon des invendus des grandes enseignes, ou encore sur le portant des rossignols pendant les soldes. Pas la peine de dépenser des fortunes pour acquérir la perle rare. Munie de la modique somme de 39,99 euros, vous pourrez garnir votre garde-robe de tous ces vêtements improbables qui vous font tant rêver.

39,99 Le chiffre d’or de la mode nous dirait le professeur Robert Langdon du Da Vinci code.

C’est d’ailleurs ici, sous la caution intellectuelle de ce grand savant que s’achève cette étude. Je vous laisse, je dois aller m’acheter une nouvelle petite robe noire pour l’enterrement de mon banquier, mort d’apoplexie.

 


 

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