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jeudi 3 janvier 2013

LA PETITE ROBE NOIRE

théorie et pratique d’une arme absolue de la féminité

(by Plume de boa)

D’abord, il y eut le noir

« Le noir est la couleur des femmes » ai-je un jour lu*. Bien que le roman en question ne traitait absolument pas de la mode ni même vraiment de la féminité, la phrase me marqua, comme toujours lorsqu’on découvre au détour d’une œuvre une vérité que l’on connaissait déjà, mais que l’on ignorait connaitre (attention, cellules grises qui virent au noir !).

Le noir c’est cette couleur qui n’en est pas vraiment une, celle que l’on dépose autour de nos yeux pour mieux les faire voir, celle dont on se vêt pour souligner les reflets de nos cheveux, la délicatesse de notre peau, la fantaisie d’un accessoire ou l’éclat de nos bijoux. Rien que ça. En bref, c’est le coloris que l’on achète toujours, parce que « ça va avec tout », comprenez « ça va avec nous ».

Le noir est la couleur de l’égo, la femme y a toute la place pour briller, il n’y a plus qu’elle, elle et encore elle.

Ne nous mentons pas : c’est exactement ce que nous voulons toutes.
 
Puis il y eut Chanel

Chanel le saisit bien avant tout le monde et son génie fut de transformer la couleur en une coupe, qui plus est celle du vêtement féminin par excellence : la petite robe noire, que l’on ne présente plus tant elle nous est familière. Aussi familière qu’une odeur, comme l’a bien compris la maison Guerlain.

La petite robe noire, c’est avant tout l’histoire d’une conquête de la modernité dans la féminité : affranchie des fioritures des robes démonstratives qui redessinait le corps, la femme avec un grand « F » (ou la greluche sans fanfreluches) existait donc tout entière dans l’écrin sobre et profond du noir.

Curieux effet de ce « la », d’ailleurs, qui donne le premier ton dans la gamme du grand vestiaire « modesque ». Comme si, en dépit des différentes coupes, matières et même prix, il n’existait au fond, qu’une seule et même robe. La petite robe noire que l’on doit toutes avoir dans nos armoires (triple rime riche, olé) ne peut se conjuguer en « petites robes noires », au pluriel.

Mais n’est pas une Petite robe Noire qui veut.

La coupe doit être à la fois classique mais originale, apte à supporter les « indispensables accessoires » comme on dit. Le noir quant à lui doit être sans concession, ici le concept qui voudrait que le gris, le marron, le violet ou toute couleur sombre puisse être le « nouveau noir » ne s’applique pas. Noir c’est noir ou il n’y a plus d’espoir !

La PRN étude comparative:
            Petite robe noire                                                                   Pas petite robe noire
 

 
Puis il y en eut partout

Je l’admets tout ça ressemble à de la théorie alambiquée de fille superficielle et insomniaque (moi). Dans la pratique, la petite robe noire c’est avant tout le vêtement secours par excellence, celui qui va à toutes les femmes, toutes les morphologies et hormis pour ma grand-mère, à tous les teints. Que celle (ou celui ???) qui n’a jamais changé de tenue à la dernière minute pour finalement enfiler sa petite robe noire me jette le premier dé à coudre dans l’œil !

Si elle est facile à vivre en journée, ladite robe devient l’arme absolue de nos soirées, qu’elles soient mondaines, festives, romantiques ou décontractées. Et c’est là que le bât blesse. Parce qu’elle nous a toutes séduites, nous l’avons toutes adoptée. Résultat : un effet pervers a fini par se produire, ou plutôt se « re-produire » : LA petite robe noire qui devait nous sublimer en LA nana de la soirée est devenue une robe sombre parmi d’autres robes sombres. Toujours efficace, toujours flatteur, mais si convenu, ce must have parmi les must have ne nous surprend guère plus et nous finissons toutes habillées de la même manière. Et que l’on ne vienne pas me parler des accessoires censés (bala) booster (ahah) la tenue. Par définition, l’accessoire ne fait que se rajouter, il ne change rien au « concept » que représente le prestigieux vêtement.

Aucune d’entre nous ne désirant renoncer à son vêtement fétiche, il ne nous reste plus qu’à assurer et nous démarquer en étant tout simplement exceptionnelle. Un peu comme si le paraitre laissait gracieusement toute la place à l’être. Je crois que c’est finalement là toute la valeur de ce vêtement, qui a l’art de nous rendre unique tout en étant un basique. Ce noir là ne recouvre pas, au contraire, il nous invite à nous découvrir.

Quand la mode nous pousse à nous surpasser… Une arme absolue de la féminité je vous dis !
 
*Iain Pears, Le Cercle de la Croix. Captivant, mais rien à voir avec la mode, je vous préviens… (Et oui, un jour, j’ai lu).



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